Sumatra: sauver le plus petit rhinocéros du monde

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Andatu, un rhinocéros de Sumatra, dans le parc national de Way Kambas en Indonésie, le 8 novembre 2016
© AFP GOH CHAI HIN

Parc national de Way Kambas (Indonésie) (AFP) – L’apparition d’un rhinocéros de Sumatra dans la jungle indonésienne relève presque du miracle. Dans l’immense parc national de Way Kambas (ouest), des efforts sont entrepris pour sauver le plus petit rhinocéros au monde, une espèce en voie de disparition.

Ces mammifères, qui ont pour signe particulier d’être les seuls d’Asie à avoir deux cornes, seraient encore à peine une centaine dans le monde. C’est pourquoi Andatu, un mâle de quatre ans récemment apparu dans ce sanctuaire pour la sauvegarde des rhinocéros, reste l’un des derniers espoirs pour la reproduction de l’espèce.

Apercevoir un rhinocéros de Sumatra est devenu tellement rare que des villageois vivant à proximité du parc de quelque 1.300 kilomètres carrés, dans le sud-est de l’île de Sumatra, n’en croyaient pas leurs yeux.

« Ils pensaient que c’était une créature mythique, ils l’ont poursuivie, et c’est pourquoi on a dû la sauver », raconte à l’AFP Zulfi Arsan, vétérinaire en chef au sanctuaire des rhinocéros de Way Kambas.

Contrairement à leurs cousins d’Afrique plus connus, les rhinocéros de Sumatra se distinguent aussi par la présence de poils sur leur corps, qui leur vaut le surnom de « rhinocéros poilu ».

L’an passé, cette espèce a été déclarée éteinte sur la partie malaisienne de l’île de Bornéo – à cheval sur deux autres pays, l’Indonésie et Brunei -, selon le Fonds mondial pour la nature (WWF). Il en resterait tout au plus cinq vivant à l’état sauvage sur les îles de Sumatra et Kalimantan, partie indonésienne de Bornéo.

Le braconnage demeure une menace sérieuse pour ces mammifères, raison pour laquelle des hommes armés patrouillent dans le parc pour signaler toute activité suspecte et neutraliser les pièges.

« Il y a toujours des activités illégales à l’intérieur du parc. La demande de cornes et de produits de rhinocéros est toujours là », explique M. Arsan.

Trois mâles, parmi lesquels Andatu, et quatre femelles sont gardés dans un enclos de 100 hectares de forêt tropicale à l’intérieur de parc de Way Kambas, où des vétérinaires et chercheurs saisissent toute opportunité pour étudier leur cycle de reproduction.

La reproduction en captivité de rhinocéros de Sumatra est notoirement difficile. La période de fertilité des femelles est très courte, et le contact avec un mâle ne garantit pas la conception d’un petit.

De plus, les rhinocéros de Sumatra sont solitaires par nature, et quand ils se rencontrent, ils se battent souvent.

« En l’espace de 100 ans, nous avons eu seulement sept bébés. C’est très dur », explique M. Arsan en évoquant les efforts historiques de reproduction de l’espèce.

La naissance d’Andatu en 2012 fut un grand événement: il était le premier rhinocéros de Sumatra né en Asie dans une unité de reproduction en captivité depuis 140 ans.

Entre-temps, il a été rejoint par une soeur née en mai dernier. Andatu va bientôt atteindre l’âge de maturité sexuelle, suscitant des espoirs pour qu’il contribue à la longévité de l’espèce.

« Chaque naissance est un espoir », conclut M. Arsan.

© AFP

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