L’Uritrottoir ou comment uriner utile et fertile en ville

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Une vespasienne, antique urinoir public pour hommes et ancêtre de l’Uritrottoir, est pris en photo sur un trottoir du Bd Arago dans le 14e arrondissement de Paris le 1er janvier 2013
© AFP/Archives JACQUES DEMARTHON

Nantes (AFP) – Satisfaire une envie pressante tout en faisant du compost: conçu par une agence de design nantaise, l' »Uritrottoir », mi-pissotière de rue mi-jardinière, s’installe début janvier à Paris et au printemps à Nantes dans des lieux à risques d’épanchements urinaires, sauvages et nauséabonds.

« Les pipis partout, les mercredis, jeudis, vendredis et samedis soirs, sont une problématique majeure des centres-villes. Et les services de propreté de la ville passent un temps fou à les nettoyer, avec des produits et des détergents agressifs et une quantité d’eau importante », souligne Laurent Lebot, l’un des co-gérants de l’agence Faltazi.

Déjà conceptrice d’un urinoir sec champêtre à destination des festivals, qui se présentait sous la forme d’un entonnoir, l’agence nantaise a imaginé une mini-vespasienne citadine « écologique et économique » pour « civiliser les pipis » sauvages de rue, retrace-t-il.

Composé de deux bacs en aluminium, l’un rempli de paille ou de sciure de bois, l’autre de fleurs, l’Uritrottoir « est l’association de deux déchets, l’urine et la paille. Le mélange de carbone et d’azote donne du fumier qui, une fois composté, sera utilisé comme engrais pour l’horticulture », décrit son associé, Victor Massip.

La SNCF et la ville de Nantes ont déjà passé commande, et deux premiers modèles expérimentaux seront installés tout début janvier aux abords de la gare de Lyon à Paris, puis trois au printemps dans des « rues à pipi » de la cité des ducs de Bretagne, sur des sites qui doivent encore être définis par la municipalité, en concertation avec les riverains.

Ces toilettes sèches de rue seront par ailleurs connectées, la présence de capteurs permettant de contrôler à distance le niveau d’urine dans la caisse et éviter ainsi tout débordement, tout en épargnant aux prestataires chargés de la collecte de l’urine des déplacements inutiles si les bacs ne sont pas pleins.

« On va solutionner le pipi sauvage, mais derrière il y a une dimension écologique. Le type qui a une envie pressante et qui cherchait un recoin pour ses petites commissions, maintenant va uriner utile », se réjouit M. Lebot.

L’Uritrottoir existe en « version XXL pour 600 pipis », haute de 1,20 mètre, en version « 300 pipis », ou encore en format triangulaire adapté aux recoins, selon ses concepteurs.

© AFP

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