Pollution: une série de mesures au terme d’une semaine de crise

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Des voitures sur le périphérique de Lille le 8 décembre 2016 roulent sous un panneau indiquant un pic de pollution
© AFP Philippe HUGUEN

Paris (AFP) – Le gouvernement a présenté samedi de nouvelles mesures pour la qualité de l’air, dont l’extension des vignettes et un coup de pouce aux taxis et utilitaires propres, après un pic de pollution inédit depuis 10 ans qui rappelle l’urgence à agir.

Plongés pendant dix jours dans un nuage de pollution, Paris mais aussi le Nord ou Rhône-Alpes devraient continuer à voir baisser au cours du week-end les concentrations de particules émises notamment par le trafic, à la faveur d’une reprise du vent.

« Les conditions anticycloniques extrêmes des derniers jours ne devraient pas revenir », a indiqué samedi Airparif.

Pour autant « on ne s’attend pas non plus à une chute rapide des particules: nous aurons encore des concentrations élevées », bien qu’en-deça des seuils d’alerte, ajoute l’agence de surveillance de la qualité de l’air en région parisienne.

Les pics de pollution sont « un problème pris au sérieux par le gouvernement », a dit dans la cour de l’Elysée la ministre de l’Environnement Ségolène Royal.

Parmi les mesures annoncées en Conseil des ministres, figure l’extension aux utilitaires légers et taxis d’un « superbonus » de 10.000 euros, pour le remplacement d’un diesel par un électrique.

L’Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere) s’en est aussitôt félicitée.

Autre mesure, le recours accru aux « certificats qualité de l’air », ces vignettes de couleur différente selon le niveau de pollution du véhicule.

Les préfets pourront, en cas de pic, limiter le trafic en fonction du niveau d’émission des véhicules, et non plus sur la base des seules plaques d’immatriculation.

En revanche pour ce qui est d’instaurer au quotidien des régulations de circulation, notamment dans les centres-villes, cela reste du ressort des collectivités, comme le permet la loi depuis 2015.

A ce stade seules Paris et Grenoble s’en sont saisies.

Mme Royal en a d’ailleurs appelé samedi aux élus locaux. « Ce qu’il faut maintenant, c’est la révolution du transport propre, des villes responsables (…) les maires doivent tenir bon!, » a dit la ministre, que l’on a peu entendue cette semaine tandis qu’à Paris droite et gauche s’affrontaient sur la circulation alternée instaurée pendant quatre jours.

« Ce n’était pas la peine de participer aux polémiques. Et puis j’ai donné le pouvoir aux élus », a-t-elle expliqué samedi.

« C’est bien mais insuffisant », a réagi après ces annonces Chantal Jouanno (UDI), chargée de l’environnement à la Région Ile-de-France.

« Il faut remettre à niveau notre système de transports en commun », a-t-elle dit sur France Inter: « Le gouvernement avait pris des engagements (…) qui devaient être financés par l’écotaxe poids-lourds, qu’on n’a pas mise en place ».

Depuis le 30 novembre, la capitale a été soumise au pic de pollution hivernal, aux particules mais aussi au dioxyde d’azote, le plus long et intense observé depuis 10 ans.

Alimentées par le chauffage au bois et le trafic, les concentrations de particules, ces poussières fines en suspension dans l’air, ont atteint jusqu’à 146 microgrammes/m3.

La capitale est loin des sommets régulièrement constatés à Delhi ou Pékin où les niveaux peuvent être trois à quatre fois supérieurs à ce record.

Globalement la qualité de l’air s’est aussi améliorée depuis 10 ans, en particulier grâce aux mesures sur les émissions industrielles.

Mais cela ne suffit pas: la pollution de l’air cause encore 48.000 décès prématurés, par cancers ou affections respiratoires, selon une évaluation de Santé publique France.

« On ne peut pas continuer à mourir de respirer », écrivent dans le Monde Mélanie Laurent et Cyril Dion, réalisateurs du documentaire « Demain », pour qui « réduire la pollution implique de transformer notre modèle de société ».

Sources principales de pollution, le trafic routier, le chauffage résidentiel, l’industrie, l’agriculture (via l’ammoniac des épandages), selon le bilan officiel de la qualité de l’air.

« Avant on a pu agir sur les grosses sources fixes, comme les industries. Aujourd’hui ce sont des sources diffuses, sur tout le territoire », ce qui rend l’action complexe, souligne Nadia Herbelot, de l’Agence pour l’environnement (Ademe).

« Il ne suffit pas que l’Etat fasse quelque chose nationalement: il faut aussi les collectivités, les entreprises, et tout un chacun », ajoute-t-elle.

Samedi Ségolène Royal a même appelé les sociétés d’autoroute à décider « la gratuité des péages pour les véhicules électriques ».

© AFP

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