La rivière Allier réaménagée pour sauver notamment les saumons

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Une passe à poissons a été mise à l’eau sur l’Allier, au niveau de Beauregard-l’Evêque (Puy-de-Dôme) pour permettre aux saumons et autres poissons de remonter le lit de la rivièreLTH-FISH-SALMON
© USFWS/AFP/Archives HO

Clermont-Ferrand (AFP) – Une passe à poissons a été mise à l’eau vendredi sur l’Allier, au niveau de Beauregard-l’Evêque (Puy-de-Dôme) pour permettre aux saumons et autres poissons de remonter le lit de la rivière, devenu quasiment infranchissable par endroits.

Décidé il y a plusieurs années dans le cadre du Grenelle de l’environnement, « le seuil des Madeleines » a été réaménagé après deux mois de travaux pour un budget de 400.000 euros financé par l’Etat.

« C’était un obstacle à la continuation écologique quasi infranchissable en période de basses eaux. Le lit de l’Allier s’est tellement creusé que les poissons devaient franchir un obstacle de 3 mètres de haut sur 100 mètres dans un bras; et de 1,50 mètre dans un autre bras », explique Didier Borrel, directeur adjoint de la direction départementale des Territoires du Puy-de-Dôme.

Les prélèvements de sables et de graviers par l’activité humaine dans cette zone avaient notamment creusé le lit naturel marneux de l’Allier.

Deux escaliers – l’un de 100 mètres de long constitué par 10 bassins successifs, et le deuxième d’une cinquantaine de mètres formé de cinq autres bassins – permettent désormais aux lamproies, brochets, anguilles, barbeaux et hotus de remonter plus facilement le courant.

Tout comme les saumons sauvages dont ces obstacles provoquaient des retards à la montaison. Ces poissons, qui ne peuvent se reproduire qu’en eau douce, quittent en effet leurs zones de grossissement aux confins du Groenland et des Iles Féroé pour rejoindre leur rivière natale, au lieu de départ de leur dévalaison, afin de se reproduire dans une eau fraîche dotée d’un substrat de qualité.

« S’ils restent pendant l’été dans des eaux trop chaudes, au-delà de 26 degrés, du fait des obstacles, ils ont très peu de chances de survivre », souligne à son tour Jocelyn Rancon, technicien au conservatoire national du saumon sauvage, installé à Chanteuges (Haute-Loire).

Au début du siècle dernier, il y avait encore 30.000 à 40.000 individus sur la Loire (dont l’Allier est le principal axe de reproduction). Mais à la fin du XXe, dans les années 80/90, on recensait moins d’une centaine de saumons. Ces dernières années, la situation s’est sensiblement améliorée avec entre 500 et 1.200 individus recensés chaque année, selon le conservatoire national du saumon sauvage.

L’an prochain, un nouveau seuil de l’Allier devrait être également aménagé par Autoroutes du Sud de la France (Vinci) sous un pont de l’A89 aux Martres-d’Artière (Puy-de-Dôme).

© AFP

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