Fioul maritime: limitation du soufre pour réduire l’impact sanitaire

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Le taux de soufre dans le carburant marin sera limité à 0,5% dès 2020, a décidé l’Organisation maritime internationale, qui veut réduire l’impact sanitaire et environnemental du transport par bateau
© AFP/Archives CHARLY TRIBALLEAU

Londres (AFP) – Le taux de soufre dans le carburant marin sera limité à 0,5% dès 2020, a décidé jeudi l’Organisation maritime internationale, qui veut réduire l’impact sanitaire et environnemental du transport par bateau malgré les risques de pénurie de fioul agitées par les industriels.

Le plafond mondial de la teneur en soufre du fioul sera de 0,5% à partir du 1er janvier 2020, contre 3,5% actuellement, selon une décision publiée sur son compte Twitter par l’IMO, qui se réunit toute la semaine à Londres.

Par cette décision, l’Organisation, émanation des Nations Unies, cherche à limiter les émissions hautement toxiques de dioxyde de soufre par l’industrie du transport maritime. Très gros consommateur de fioul, ce secteur est le principal pollueur mondial au soufre.

« Les navires peuvent satisfaire à la prescription en utilisant du fioul conforme à faible teneur en soufre », rappelle l’IMO sur son site internet.

« De plus en plus de navires utilisent également du gaz comme combustible car, une fois enflammé, il émet peu d’oxydes de soufre », ajoute l’organisation, qui cite également le méthanol comme combustible de substitution pour certains voyages courts.

Si l’IMO avait déjà annoncé que la teneur maximale en soufre des carburants utilisés par les transports maritimes serait limitée, l’Organisation devait trancher entre une mise en application du plafond dès 2020 ou un report à 2025.

Les ONG environnementales avaient mis en avant le coût humain d’un report de la mesure, tandis que l’industrie affirmait qu’il n’y avait tout simplement pas assez de fioul léger (moins riche en soufre) disponible sur les marchés.

Pour les premiers, tout délai accordé à l’industrie pour s’adapter aux nouvelles normes aurait pu avoir des conséquences dramatiques.

« Le dioxyde de soufre est connu pour son impact sanitaire (maladies respiratoires, bronchites, irritation de la gorge) et environnemental (pluies acides) important », a indiqué en début de semaine France Nature Environnement dans un communiqué.

« Reporter la limitation de cinq ans pourrait contribuer à la mort prématurée de 200.000 personnes à cause des émanations toxiques, et ce principalement dans les communautés littorales de pays en voie de développement, en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud », ont prévenu pour leur part les ONG Seas at Risk et Transport and Environment, citant une étude réalisée par des chercheurs finlandais et américains pour le compte de l’IMO.

Selon la même étude, les pays d’autres régions ne seraient pas épargnés. L’adoption d’une limite des émissions de soufre dès 2020 devrait éviter une cinquantaine de morts par an en France, et 1.240 morts par an en Europe.

L’industrie questionne pour sa part la possibilité de mettre en place les nouvelles limites dès 2020, et remet en question les études de marché de l’IMO.

« Selon une étude que nous avons commanditée, il n’y aura pas assez de fioul à faible teneur en soufre dès 2020 », avait prévenu il y a quelques jours BIMCO, une des plus importantes organisations de transporteurs maritimes avec 2.200 membres.

« Si l’offre est faible, les coûts vont augmenter, pas seulement pour les fréteurs mais pour tous les utilisateurs de ce carburant, ce qui pénalisera les économies les plus faibles », a argué Lars Robert Pedersen, secrétaire général adjoint de BIMCO.

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