Etats-Unis: 117 arrestations près du chantier d’un oléoduc

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Des Améridiens manifestent contre la construction d’un oléoduc, le 4 septembre 2016 près de Cannon Ball, dans le Dakota du Nord
© AFP/Archives Robyn BECK

Chicago (AFP) – Une centaine de manifestants ont été arrêtés jeudi par la police du Dakota du Nord, près du chantier controversé d’un oléoduc, dénoncé notamment par des Amérindiens des grandes prairies du nord des Etats-Unis, et la tension est montée dans la soirée avec coups de feu et cocktails Molotov en prime.

Au total 117 personnes ont été arrêtées, ont annoncé les forces de l’ordre. Soit bien plus que le chiffre de 16 interpellations annoncé plus tôt par le sheriff du comté local de Morton, Kyle Kirchmeier.

Les autorités ont précisé que plusieurs coups de feu avaient été tirés lors des échauffourées: une balle a touché à la main une personne « évacuée de force de la route par les manifestants », et trois autres coups de feu ont été tirés en direction de la police par un autre manifestant, sans faire de blessés ceux-ci.

Dans la nuit, plusieurs cocktails Molotov ont été lancés sur les forces de l’ordre et plusieurs feux ont été allumés, alors que les échauffourées se poursuivaient entre manifestants, au nombre de plusieurs centaines, et policiers.

Les forces de l’ordre, équipées de tenues anti-émeute, ont déployé des « véhicules et des équipements militaires », comme des canons à eau, pour déloger les manifestants qui bloquaient deux routes et s’étaient installés depuis le week-end sur des terrains privés, a raconté à l’AFP Sue Evans, une porte-parole de la tribu sioux de Standing Rock.

« Les forces de l’ordre ont répondu de façon disproportionnée », selon le président de la tribu, Dave Archambault, dans un communiqué jeudi soir.

La tribu indienne, qui considère que l’oléoduc menace ses sources d’eau potable et plusieurs sites où sont enterrés ses ancêtres, avait demandé au président Barack Obama d’intervenir pour faire arrêter ce chantier et lancer une enquête sur « les exactions des forces de l’ordre sur le site », selon Mme Evans.

Il y a deux semaines, le gouvernement américain avait demandé le gel de ce chantier, dans un souci d’apaisement, et ce malgré la décision antérieure d’un juge autorisant la poursuite des travaux. Le chantier a pourtant redémarré le 11 octobre.

« L’action de la police aujourd’hui visait à évacuer les protecteurs de cette terre », a accusé Dallas Goldtooth, un autre militant anti-oléoduc, auprès de l’AFP, précisant que les manifestants avaient assemblé des barricades constituées de pneus enflammés et de bâtons de bois.

Les manifestants se livrent à une « escalade dans leur comportement illégal », a plaidé de son côté le sheriff Kirchmeier. « Nous avons fait tout notre possible, parlé avec tous ceux avec qui il était possible de parler », a-t-il ajouté, en estimant que le refus des opposants de partir de leur plein gré avait contraint les forces de l’ordre à intervenir.

Ce projet d’oléoduc de la compagnie Energy Transfer Partners a suscité ces derniers mois un mouvement de contestation croissant aux Etats-Unis de la part de tribus indiennes, d’écologistes et de défenseurs des droits des Amérindiens.

L’oléoduc, baptisé Dakota Access Pipeline, doit traverser quatre Etats américains et acheminer le pétrole extrait dans le Dakota du Nord, à la frontière canadienne, jusque dans l’Illinois, plus au sud.

© AFP

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