Le Nobel de la paix au président colombien Santos

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Le président colombien Juan Manuel Santos, le 29 juillet 2016 lors d’un discours à Cali pour promouvoir la paix entre le gouvernement et les Farc
© AFP/Archives LUIS ROBAYO

Oslo (AFP) – Le Nobel de la paix a été attribué vendredi au président colombien, Juan Manuel Santos, pour l’aider à remettre sur les rails l’accord de paix historique signé avec la guérilla marxiste des Farc après son rejet par la population.

« Nous espérons que cela encouragera toutes les bonnes initiatives et tous les acteurs qui pourraient jouer un rôle décisif dans le processus de paix et apporter enfin la paix à la Colombie après des décennies de guerre », a déclaré la présidente du comité Nobel norvégien, Kaci Kullmann Five.

Anciens faucons devenus colombes, M. Santos et le commandant en chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), Rodrigo Londoño, alias Timoleon Jiménez ou encore Timochenko, ont signé le 26 septembre un accord historique pour en finir avec un conflit vieux de plus d’un demi-siècle.

Mais, coup de théâtre, le peuple colombien a rejeté l’accord d’extrême justesse dimanche par référendum, réclamant notamment que les guérilleros démobilisés ne puissent participer à la vie politique et qu’ils aillent en prison au lieu de bénéficier de peines alternatives.

« Il y a un vrai danger pour que le processus de paix s’interrompe et que la guerre civile reprenne », a mis en garde Mme Kullmann Five.

L’échec du référendum a obligé Bogota et la guérilla à relancer leurs pourparlers. Il avait aussi poussé les experts du prix Nobel de la Paix, qui avaient fait de la Colombie leur grand favori, à revoir leurs pronostics.

Mais, en apportant tout le poids symbolique du Nobel, le comité dit vouloir remettre les partenaires du processus de paix en selle.

« Le fait qu’une majorité des votants ait dit non à l’accord de paix ne signifie pas nécessairement que le processus de paix est mort », a fait valoir Mme Kullmann Five. « Le référendum n’était pas un vote pour ou contre la paix ».

Conformément à la tradition, le comité n’a pas voulu expliquer pourquoi ce prix Nobel n’était pas partagé conjointement avec les Farc.

Mercredi, après avoir rencontré les opposants à l’accord, parmi lesquels son prédécesseur et ex-mentor Alvaro Uribe, le président Santos a estimé que la paix était « proche ». « Nous allons l’atteindre », a-t-il affirmé.

A l’origine de la plus féroce offensive contre la guérilla marxiste quand il était ministre de la Défense sous la présidence de M. Uribe, M. Santos, 65 ans, avait choisi la voie des négociations après être devenu président il y a six ans.

Le chef des Farc, Timochenko, qui avait convaincu la rébellion née d’une insurrection paysanne d’engager des discussions avec le pouvoir, garde lui aussi espoir. « Cela ne signifie pas que la bataille pour la paix a été perdue », a déclaré le guérillero de 57 ans après l’échec du référendum.

Impliquant plusieurs guérillas d’extrême gauche, des paramilitaires d’extrême droite et l’armée, la guerre a miné humainement et économiquement le pays au fil des décennies. Le bilan est lourd: plus de 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,9 millions de déplacés.

Le prix Nobel consiste en un diplôme, une médaille d’or et un chèque de 8 millions de couronnes suédoises (environ 830.000 euros). Il sera remis le 10 décembre à Oslo, date-anniversaire de la mort de son fondateur, l’industriel et philanthrope suédois Alfred Nobel.

© AFP

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