Le traité de libre-échange UE-Canada « incompatible » avec l’accord sur le climat

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Un oléoduc d’eau pour transporter et diluer des sables bitumineux, le 28 avril 2015 à Fort McMurray au Canada.
© GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives Ian Willms

Paris (AFP) – Le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, le Ceta, dont la signature est prévue fin octobre, est « incompatible » avec l’accord de Paris sur le climat, qui s’apprête à entrer en vigueur, estime mardi la Fondation Nicolas Hulot.

Pour la Fondation (FNH), « le Parlement européen ne doit pas ratifier d’une main l’Accord de Paris tout en se préparant à ratifier de l’autre des accords commerciaux qui le relègueront au rang de voeu pieux ».

« Or, le Ceta, qui a été conclu en 2014, et l’accord de la COP21 sont tout simplement incompatibles », affirme Denis Voisin, porte-parole de la Fondation Hulot.

Le Parlement européen vote ce mardi pour entériner la ratification par l’UE de l’accord scellé lors de la COP21 à Paris qui fixe pour les années à venir des objectifs et un cadre général à la lutte mondiale contre les dérèglements climatiques.

Le texte du traité de libre-échange doit être soumis aux pays membres le 18 octobre lors d’un Conseil de l’UE à Bratislava, puis signé le 27 octobre à Bruxelles lors de la visite du Premier ministre canadien Justin Trudeau.

« Soutenir le développement des énergies renouvelables, mettre un moratoire sur l’exploration et l’exploitation des énergies fossiles, renforcer les normes environnementales, autant de mesures nécessaires qui pourraient coûter des amendes de dizaines de milliards aux États européens après la ratification du Ceta », écrit mardi la Fondation Hulot dans un communiqué.

Dans une tribune récemment publiée dans Libération, la Fondation et une dizaine d’autres ONG et syndicats (Greenpeace, Foodwatch, FNE, Les Amis de la Terre, Alternatiba, 350.org, Solidaires, Confédération paysanne, etc.) affirmaient qu' »accepter le Ceta reviendrait à clamer haut et fort que la COP21 n’a rien changé et que la transition énergétique n’est pas pour demain ».

Les associations redoutent par exemple que les États soient dans l’incapacité de freiner l’utilisation de pétrole tiré des sables bitumineux canadiens, « un carburant 49% plus émetteur de CO2 que le pétrole conventionnel ».

Elles demandent à ce titre que le Ceta soit renégocié pour prendre en compte les politiques climatiques nécessaires à l’application de l’accord sur le climat.

Plus globalement, elles redoutent un affaiblissement des normes environnementales: « sur les 1.600 pages du Ceta, seulement 13 concernent l’environnement et elles sont non contraignantes et zappent le principe de précaution », avertit Denis Voisin.

© AFP

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