Algues vertes: des associations s’interrogent après la mort d’un joggeur dans la vase en Bretagne

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Une centaine de personnes manifestent à l’appel de la coordination anti-marées vertes de Bretagne, le 18 septembre 2011 sur la plage de Cap Coz à Fouesnant, pour protester contre la prolifération des algues vertes sur les plages bretonnes
© AFP FRED TANNEAU

Saint-Brieuc (AFP) – Le décès récent d’un joggeur dans la vase, à l’embouchure du Gouessant, à Hillion, près de Saint-Brieuc, suscitait lundi des interrogations d’associations sur l’éventuelle responsabilité des algues vertes, même si le parquet a écarté cette hypothèse.

Le drame s’est produit dans le secteur où 36 sangliers avaient été retrouvés morts à l’été 2011, à un moment où les dépôts d’algues vertes étaient importants dans cette zone. Un rapport de l’Anses avait mis en avant les fortes présomptions quant aux émissions d’hydrogène sulfuré (H2S) provenant de ces algues en décomposition.

Depuis, ces dépôts sont moins importants. Officiellement, ils sont rapidement enlevés pour éviter tout danger car l’algue verte n’est aucunement dangereuse quand elle est fraîche.

Jeudi soir, un joggeur de 50 ans est décédé au même endroit que les sangliers, envasé jusqu’à la taille. L’alerte a été donnée par son chien qui a rejoint, seul, le domicile familial de son maître.

« Il n’y a pas de doute » quant à l’origine du décès, a affirmé le parquet lundi à l’AFP. « En l’absence d’obstacle médico-légal, le corps a été remis à la famille », a-t-on ajouté, les obsèques devant être célébrées mardi.

Le quinquagénaire courait régulièrement dans ce secteur, proche de son domicile. Jeudi soir, il se serait « envasé en essayant de sauver son chien. Il a dû faire un effort physique, venant après son effort sportif, et il a eu un arrêt cardiaque », a précisé le parquet, s’appuyant sur l’enquête diligentée par la gendarmerie, ainsi que sur les observations des pompiers et du Samu.

Dans une lettre ouverte adressée lundi au procureur, deux associations de défense de l’environnement reprochent aux autorités de n’avoir pas pratiqué d’analyses permettant d’éclaircir davantage les causes de ce décès.

« L’absence d’autopsie (…) et le refus manifeste de fait de toute enquête sur les causes de la mort de la victime nous apparaissent incompréhensibles », écrivent Sauvegarde du Trégor et Halte aux marées vertes.

Les deux associations, qui avaient également suivi de près l’affaire des sangliers, ont effectué des relevés sur les lieux samedi. Elles y ont notamment mesuré un dégagement d’hydrogène sulfuré à une « concentration allant jusqu’à 360 ppm (parties par million) alors que, par prudence », ses membres étaient « restés à la lisière de ces zones dangereuses » où la victime a été découverte inanimée, envasée jusqu’à la taille.

« A 360 ppm, on est dans une situation où le malaise peut être réel et assez rapide. Et quand la personne ne peut se dégager rapidement, elle va perdre connaissance, tout en continuant à inhaler ce gaz dangereux », selon Yves-Marie Le Lay, président de Sauvegarde du Trégor. Dans le cas présent, « il y a donc au minimum un doute », souligne-t-il.

© AFP

Lire aussi sur le même sujet l’interview du président de l’association Eau et rivières de Bretagne : « les algues vertes sont un  probleme de santé publique »

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