Le traité international sur les eaux de ballast entrera en vigueur en 2017

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Plus de 10 milliards de tonnes d’eau de ballast sont déplacées dans le monde chaque année dans les citernes des navires. Près de 7.000 espèces de poissons, crustacés, algues et invertébrés, des virus et bactéries voyagent ainsi incognito.
© AFP/Archives GABRIEL BOUYS

Londres (AFP) – Douze ans après son adoption, la Convention internationale sur le traitement des eaux de ballast va pouvoir entrer en vigueur à compter du 8 septembre 2017, grâce à la ratification de la Finlande cette semaine, a annoncé l’Organisation maritime internationale (OMI).

Ce traité, destiné à contraindre les navires qui parcourent le monde à traiter leurs eaux de ballast pour éviter la prolifération d’espèces aquatiques potentiellement invasives, devait être ratifié par au moins 30 pays représentant 35% du tonnage brut de la flotte de commerce mondiale afin d’entrer en vigueur un an plus tard. Ce qui est le cas depuis la signature jeudi de la Finlande.

Au total, 52 pays l’ont désormais ratifiée.

Selon l’ONG de défense de la nature WWF, plus de 10 milliards de tonnes d’eau de ballast sont déplacées dans le monde chaque année dans les citernes des navires. Elles sont pompées pour rééquilibrer les navires lorsqu’ils chargent ou déchargent leurs marchandises dans les différents ports qu’ils traversent.

En faisant cela, près de 7.000 espèces de poissons, crustacés, algues et invertébrés ainsi que les virus et bactéries qui vont avec, voyagent incognito à travers le monde chaque jour.

« C’est une étape vraiment importante pour la santé de notre planète », s’est félicité dans un communiqué Kitack Lim, le secrétaire général de l’OMI, dont le siège est à Londres.

« La propagation des espèces invasives a été reconnue comme l’une des grandes menaces pour le bien-être écologique et économique de la planète », a-t-il rappelé.

Parfois de taille microscopique mais à l’impact dévastateur, les espèces invasives opportunistes peuvent rapidement coloniser de nouveaux habitats marins, détruisant les écosystèmes dont l’humanité dépend.

Au début des années 80, la méduse américaine quittait son Atlantique natale dans les cales de cargos. Dix ans plus tard, elle décimait les anchois en mer Noire.

La moule zébrée, originaire des mers Noire, Caspienne et d’Aral, est, elle, apparue en 1988 dans le lac Saint-Clair au Canada. Elle a conquis les Grands Lacs américains voisins, avant de descendre quasiment tous les fleuves et rivières de l’Est des États-Unis, jusqu’en Louisiane.

En compétition avec d’autres espèces, elle s’agglomère aussi dans les tuyaux d’alimentation en eau, perturbant l’approvisionnement des centrales électriques, s’accroche aux moteurs des bateaux, rend les plages impropres à la baignade… et a déjà coûté aux États-Unis des milliards de dollars.

© AFP

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