Fessenheim: l’Etat et EDF se mettent d’accord sur l’indemnisation

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 Fessenheim

DF et l’Etat parviennent à un accord sur l’indemnisation pour la fermeture de Fessenheim. Un réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim lors d’une visite de presse le 9 avril 2013
© AFP/Archives SEBASTIEN BOZON

Paris (AFP) – Le processus de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) a franchi une nouvelle étape, indispensable mais encore loin d’être la dernière, avec l’annonce mercredi d’un accord sur les modalités d’indemnisation que l’Etat versera au groupe EDF.

L’accord prévoit une indemnisation par étapes, « avec une première étape de 100 millions d’euros », versée au moment de l’arrêt de la centrale, et « des étapes ultérieures en fonction de plusieurs paramètres, dont le prix de l’énergie » dans les années suivant la fermeture, a indiqué à l’AFP un porte-parole du ministère.

Parmi ces étapes ultérieures, un second versement « fixe » de « 300 millions d’euros » a déjà été acté, a précisé à l’AFP une source au fait des discussions.

EDF recevra donc au minimum 400 millions d’euros pour arrêter de manière anticipée les deux réacteurs de la doyenne des centrales françaises, confirmant une information de l’agence Bloomberg News.
Ces versements doivent permettre à EDF de financer les coûts de fermeture des deux réacteurs de 900 mégawatts et l’éventuel manque à gagner pour le groupe durant les années où la centrale aurait pu fonctionner.

Sollicité, EDF n’a pas souhaité commenter l’information.

La mise à l’arrêt définitive de Fessenheim, promesse de campagne du président de la République en 2012, a été fixée à l’horizon 2018, date à laquelle EDF prévoit de mettre en service l’EPR de Flamanville (Manche). La loi sur la transition énergétique prévoit en effet de plafonner à son niveau actuel la capacité nucléaire installée sur le territoire.

Cette fermeture est aussi réclamée de longue date par les écologistes, l’Allemagne et la Suisse, pays frontaliers du site, inquiets pour la sécurité de la centrale située sur une faille sismique.

Mais l’accord trouvé entre l’Etat et EDF n’est qu’une première étape dans le processus.

Il doit désormais être soumis pour avis au comité central d’entreprise (CCE) d’EDF, qui se réunit le 14 septembre, puis au Conseil d’administration d’EDF.

Le gouvernement devra ensuite prendre un décret entérinant la décision de fermeture. Cela sera fait « cette année », a assuré François Hollande lors de la dernière conférence environnementale en avril.

L’annonce d’un accord a suscité une vive réaction de la CGT, qui promet de faire « tout pour que le CCE utilise toutes ses prérogatives et se garde le droit de faire une nouvelle demande d’expertise » car « on n’a pas exploré toutes les conséquences de cette fermeture sur le réseau électrique français et les répercussions économiques et sociales sur le bassin d’emploi », a déclaré à l’AFP Philippe Page Le Merour, représentant du premier syndicat d’EDF.

Il a qualifié de « blague » le montant évoqué de 400 millions d’euros, alors que le syndicat estime à 2 milliards d’euros le préjudice pour EDF.

La CGT appelle à « une journée de mobilisation, y compris par la grève et en pesant sur la production d’électricité », le 14 septembre, a-t-il ajouté.

La CFE-CGC d’EDF a aussi réitéré son opposition à la fermeture anticipée de la centrale, une « aberration politique et économique » qui « va supprimer des emplois à EDF et chez ses prestataires », selon son représentant Frédéric Letty.

En 2014, un rapport parlementaire avait estimé que 5.000 personnes dépendent de la centrale, et prévoyait un impact direct sur près de 2.000 emplois.

Il avait conclu à 5 milliards d’euros le coût total de la fermeture, des calculs jugés « farfelus » par la ministre de l’Energie Ségolène Royal.

Le gouvernement réfléchit actuellement à la reconversion du site. En avril dernier, Mme Royal avait indiqué travailler avec l’Allemagne sur le sujet, évoquant aussi l’installation d’une usine de fabrication de batteries.

De son côté, l’association Sortir du nucléaire a réagi, sur le réseau social twitter, jugeant « indécent d’investir (des) centaines de millions d’euros pour dédommager EDF pour une centrale en fin de vie ».

Le réacteur numéro 2 est à l’arrêt depuis le 13 juin, en raison d’une anomalie détectée sur un générateur de vapeur.

La fermeture de Fessenheim pourrait aussi être un enjeu de la prochaine élection présidentielle. Plusieurs candidats à la primaire du parti Les Républicains, dont Alain Juppé, François Fillon et Nicolas Sarkozy, ont assuré qu’ils reviendraient sur cette décision en cas de victoire.

© AFP

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