Des pays d’Europe de l’Est vendent des armes au Moyen-Orient depuis 2012

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Des soldats de l’Armée syrienne font une patrouille dans la zone de Bani Zeid, le 28 juillet 2016. © AFP PHOTO / GEORGE OURFALIAN

Des pays d’Europe de l’Est ont exporté des armes vers le Moyen-Orient depuis 2012. Ces ventes leur ont rapporté 1,2 milliards de dollars, révèle le quotidien britannique The Guardian qui estime que ces livraisons ont approvisionné les belligérants des conflits en Syrie et au Yémen. Le journal écrit que « par le passé, aucune trace d’achats d »armes provenant d’Europe centrale et de l’est par la région du Moyen-orient n’avait été enregistrée. Mais, ces transactions ont augmenté avec les plus gros contrats passés en 2015« . Les ventes ont été autorisées malgré des craintes d’experts et de gouvernements sur le devenir de ses armes une fois livrées.

La Bosnie, la Bulgarie, la Croatie, La République Tchèque, le Monténégro, la Slovaquie, la Serbie et la Roumanie sont impliqués. Des milliers de fusils, de lance-roquettes ou encore d’obus de mortier ont ainsi été réceptionnés par l’Arabie Saoudite, la Jordanie, les Emirats Arabes Unis et la Turquie. Leur destination finale : la Syrie, en guerre civile depuis 2011. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par des reporters du Balkan Investigative Reporting Network (BIRN), un réseau d’ONG de défense des droits de l’homme et de l’Organised Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), un consortium de journalistes.

La vente d’armes à l’Arabie Saoudite n’est pas proscrite, toutefois rien ne garantit la destination et l’usage final de ces armes. Pour le moment, et depuis mars 2016, seuls les Pays-Bas ont cessé d’exporter des armes vers ce pays  Les armes exportées par les pays de l’est de l’Europe sont à présent dans les mains des soldats de l’Armée syrienne libre, mais aussi des combattants de groupes djihadistes, tel que l’Etat Islamique.

Cette situation inquiète l’Union européenne : Bodil Valero, rapporteuse sur les armes au Parlement Européen, a déclaré que « les preuves mettent en cause le détournement systématique d’armes à des groupes armés accusés de ne pas respecter les Droits de l’Homme. Si c’est réellement le cas, les transferts sont illégaux et doivent cesser immédiatement ». « Les pays vendant des armes au Moyen-Orient (…) violent le droit national et européen. Ils pourraient être menés devant la Cour européenne de justice », prévient-elle.

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