OGM : « le manque d’étiquetage est non seulement anormal, mais surtout inacceptable » selon Bernard Astruc

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Photo du maïs « MON 810 », une variété génétiquement modifiée développée par Monsanto, le 23 janvier 2012. © AFP PHOTO / ERIC CABANIS

En France, la culture des OGM est interdite dans les champs, mais leur importation pour nourrir les animaux d’élevage est autorisée par l’Union européenne. Le groupement citoyen « Consommateurs pas cobayes » dénonce cette situation qui conduit une partie des  animaux d’élevage à être nourris avec des OGM sans que le consommateur puisse en être informé. Le collectif  a tenu une conférence de presse vendredi 1er juillet.

Le groupement citoyen « Consommateurs pas cobayes », créé en 2012, a déposé une plainte auprès de l’Union Européenne et de l’Etat français pour que l’étiquetage des produits alimentaires mentionne le fait que les animaux aient été nourris avec des organismes génétiquement modifiés (OGM). Le collectif dénonce un « manque de transparence avéré ».  En effet, la viande nourrie aux OGM n’est actuellement pas étiquetée en tant que telle.

Chaque année, 3 à 4 millions de tonnes de soja et de maïs génétiquement modifiés sont importés en France. Provenant principalement des Etats-Unis, du Brésil et d’Argentine, ce soja et maïs transgénique nourrissent  90 % du bétail français. Pourtant, la culture des OGM reste interdite en France depuis 2008.

Pour soutenir son  action, « Consommateurs pas cobayes » a mis en ligne une pétition. Ils espèrent obtenir  1 million de signatures. Une entrave au processus d’innovation selon leurs opposants : « c’est symptomatique de notre société : on veut toujours opposer la nature au progrès » dénonce Bernard Astruc, coordinateur national de « Consommateurs pas cobayes ».

Pour le collectif, le problème de l’étiquetage ne concerne pas que la viande nourrie aux OGM, il dénonce le manque de transparence sur les « OGM cachés ». Aujourd’hui, l’appellation « OGM » désigne les organismes modifiés par transgénèse, c’est-à-dire  l’introduction dans le génome des plantes de plusieurs gènes issus de bactéries. Or, il existe d’autres méthodes de manipulation génétique qui n’entrent pas dans le cadre de la dénomination. C’est le cas de la mutagénèse, qui consiste à faire appel à un agent mutagène ou chimique pour modifier le séquençage des gènes. Ce procédé change la fonction des gênes. Ceux-ci seront alors, par exemple, résistants aux herbicides. « C’est intolérable », s’agace Christian Vélot, docteur en biologie et administrateur du CRIIGEN (Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le génie Génétique). « Grâce à ce flou juridique, 160 000 hectares d’OGM cachés sont cultivés aujourd’hui en France, et on appelle cela des cultures conventionnelles ! ».

« Consommateurs pas cobayes » a aussi réagi à la publication de la lettre ouverte de 100 prix Nobel contre Greenpeace et sa campagne anti-OGM. « Les prix Nobel qui ont signé ne connaissent pas les dossiers et n’ont pas connaissance des études toxicologiques », déplore Gilles-Eric Séralini, chercheur sur les effets des OGM sur la santé et professeur en biologie moléculaire. Et C. Vélot de conclure : « certains comités scientifiques ne sont plus légitimes, il est temps de mettre un coup de pied dans la fourmilière et ne plus cautionner un système fondé sur des conflits d’intérêts ».

En savoir plus :

>> http://www.criigen.org/

>> http://www.consommateurspascobayes.com/

 

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