Les cigognes d’Alsace vont mieux, leurs sauveteurs rendent leur tablier

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La principale association qui oeuvrait depuis des décennies pour la sauvegarde et la réintroduction de la cigogne en Alsace vient de s’auto-dissoudre, convaincue que le volatile emblématique, désormais bien installé dans la région, n’a plus vraiment besoin d’aide © AFP/Archives JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Strasbourg (AFP) – « Mission accomplie »: la principale association qui oeuvrait depuis des décennies pour la sauvegarde et la réintroduction de la cigogne en Alsace vient de s’auto-dissoudre, convaincue que le volatile emblématique, désormais bien installé dans la région, n’a plus vraiment besoin d’aide.

Lors d’une assemblée générale qui s’est tenue lundi à Colmar, l’association pour la protection et la réintroduction des cigognes en Alsace Lorraine (Aprecial), créée en 1983 alors que la région ne comptait plus qu’une trentaine de couples reproducteurs, a été dissoute.

Quelque 800 couples sont recensés aujourd’hui en Alsace (soit un tiers du total en France).

« La mission a été accomplie, car il y a aujourd’hui largement de quoi occuper l’ensemble des clochers d’Alsace! », a dit mardi à l’AFP Michel Habig, le dernier président de l’association, par ailleurs membre du Conseil départemental du Haut-Rhin, une collectivité qui apportait plus de la moitié du budget de l’Aprecial.

L’échassier, qui a frôlé l’extinction en France dans les années 1970, a longtemps été victime d’un taux de mortalité très élevé pendant sa migration hivernale vers le Sud. Parmi les principales causes: les sécheresses sahéliennes, mais aussi la chasse et les lignes de haute tension tout au long du périple vers l’Afrique.

L’Aprecial a coordonné l’activité de plusieurs enclos de réintroduction alsaciens. Leur méthode: retenir pendant trois ans de jeunes cigognes en captivité, pour supprimer leur instinct migrateur, avant de les relâcher pour recoloniser les villages.

Ces couples devenus sédentaires donnent naissance à des jeunes qui, eux, migrent. La méthode a fait ses preuves et des centaines de cigognes ont ainsi été réintroduites dans la nature ces trente dernières années.

L’association a aussi beaucoup oeuvré avec EDF et ERDF pour sécuriser les installations électriques, mais aussi avec les sapeurs-pompiers pour leur apprendre à « sauver » les nids qui menaçaient de tomber des clochers.

« La cigogne doit désormais vivre avec nous, les humains, sans pour autant être dépendante », résume Gérard Wey, directeur de l’association, qui prend sa retraite.

Les oiseaux à long bec conserveront toutefois un de leurs anges gardiens: un technicien, jusqu’à présent salarié de l’Aprecial, continuera son activité pour le compte du conseil départemental. Il pourra ainsi encore baguer les cigogneaux, ce qui permettra de suivre leurs déplacements et de continuer à recenser la population.

© AFP

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