Areva: Greenpeace demande l’arrêt des installations concernées

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Areva a reconnu des « anomalies » dans le suivi des processus de fabrication d’équipements au sein de son usine du Creusot © AFP/Archives JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Paris (AFP) – Greenpeace a demandé jeudi la publication de la liste des installations nucléaires concernées par les anomalies dans les contrôles de fabrication détectées à l’usine d’Areva au Creusot (Saône-et-Loire) et leur arrêt immédiat jusqu’à la levée des doutes sur leur sûreté.

Areva avait annoncé fin avril que des « anomalies » avaient été détectées dans le suivi des processus de fabrication d’équipements au sein de son usine du Creusot, dans le cadre d’un audit qualité lancé en 2015 à la suite de la découverte d’un défaut dans la composition de l’acier de la cuve du réacteur EPR de Flamanville (Manche) fabriquée sur le site.

Selon l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), ces irrégularités consistent en « des incohérences, des modifications ou des omissions dans les dossiers de fabrication » et concernent environ 400 pièces produites sur 10.000 depuis 1965, dont une cinquantaine seraient en service sur le parc nucléaire français, dans des centrales non précisées.

Ces anomalies ne remettent pas en cause l’intégrité des composants nucléaires forgés sur place, et qui équipent des installations dans le monde entier, a assuré le groupe nucléaire lors d’un point d’étape fin mai sur leur caractérisation. Il n’exclut pas d’éventuelles falsifications.

Mais c’est insuffisant pour Greenpeace: « il est impossible aujourd’hui de préjuger de bons résultats », affirme l’ONG dans une note transmise à l’AFP, estimant que les anomalies sont susceptibles de porter « une grave atteinte à la sûreté » et réclamant « un contrôle indépendant et transparent ».

Jugeant que « seul un réexamen technique des pièces concernées peut permettre de (…) lever » les doutes sur la conformité des pièces, Greenpeace a demandé que la liste des pièces concernées soit rendue publique « ainsi que le détail des documents incriminés ».

Selon l’ONG, des dossiers concernent notamment « des équipements actuellement en service dans des réacteurs en exploitation à l’étranger », évoquant au moins une douzaine de pays potentiellement concernés outre la France (Royaume-Uni, États-Unis, Brésil, etc.).

« Greenpeace demande que, dès publication de la liste des installations concernées, celles-ci soient immédiatement stoppées en attendant qu’un premier examen permette d’identifier les contrôles à effectuer, et les démonstrations complémentaires à apporter, afin de lever les doutes sur la qualité de toutes les pièces incriminées », a-t-elle ajouté.

« Les clients du groupe à l’étranger concernés par les constats identifiés ont tous été informés », a réagi Areva jeudi dans une déclaration écrite transmise à l’AFP. « Ces constats font l’objet d’un examen approfondi mené par un comité d’experts en lien direct avec les clients concernés », a ajouté le groupe.

Par ailleurs, Areva précise que l’audit et les analyses complémentaires « se poursuivent au Creusot » et que le groupe « fournira un nouveau point d’avancement avant fin juin ».

©AFP

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