Royal annonce un nouvel exercice de simulation d’une crue majeure

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La ministre de l’Environnement Segolène Royal lors des questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, le 31 mai 2016
© AFP BERTRAND GUAY

Paris (AFP) – Les pouvoirs publics mèneront « d’ici la fin du mois » un nouvel exercice de simulation d’une crue majeure, de l’ampleur de celle de 1910, a annoncé samedi la ministre de l’Environnement Ségolène Royal.

Un premier exercice de ce type, baptisé Sequana, avait été réalisé en mars et « permis d’améliorer la coordination des services de l’Etat et des collectivités locales », a-t-elle rappelé lors d’un point de presse.

« J’ai décidé qu’une fois les crues passées, d’ici 3 semaines un mois, nous tirerons les conséquences de ce qui vient de se passer, car avec le réchauffement climatique les phénomènes d’accentuation des précipitations ne peuvent qu’aller en s’aggravant », a-t-elle ajouté. « Nous en tirerons des enseignements sur le fonctionnement des affluents de la Seine, car il y a eu des mécanismes assez imprévus, nouveaux dans leur intensité et leur violence ».

Alors que près de vingt départements sont en vigilance orange pour crues ou orages, la ministre a souhaité le passage à la vigilance rouge dans la zone de Rouen, lors de ses échanges avec des responsables de Météo-France présents lors du point presse. « C’est la ministre qui a vécu Xynthia qui vous parle », a-t-elle lancé, souhaitant qu’elle soit déclenchée avant la nuit.

« A Paris, la décrue devrait être lente », a-t-elle souligné, « la crue n’a pas eu de fortes conséquences même si des débordements ont été constatés sur certains pieds d’immeuble et des caves ».

Le pic de la Seine dans la capitale a été atteint à 6,10 mètres, « dans la fourchette basse » des prévisions « en raison des faibles précipitations de vendredi ».

« Mais les terrains sont saturés d’eau et toute nouvelle précipitation peut conduire à une remontée des cours et des nappes », a-t-elle averti, appelant à une très grande vigilance.

La crue de la Seine, repassée sous les 6 mètres à Paris, a atteint un « plateau », selon la ministre, qui souligne que cette situation pourrait durer une semaine encore.

« C’est difficile à prévoir précisément parce qu’il y a beaucoup d’eau qui arrive encore en amont. Ce qu’on ne peut pas du tout évaluer précisément c’est la quantité des précipitations qui vont s’ajouter à cela dans les jours qui viennent, qui vont ralentir fortement la décrue », a expliqué Jérôme Goellner, directeur de la Direction régionale de l’Environnement.

« Cela pourrait durer au moins la semaine prochaine, avant d’arriver à une situation normale », a-t-il dit.

Dimanche de nouvelles pluies et orages sur le nord-est donneront des précipitations de l’ordre de 5 à 10 mm/m2, avec localement 20 à 50 mm sur la frontière belge, a précisé Météo-France.

La ministre a ajouté qu’elle avait décidé de doubler le nombre de capteurs au pont d’Austerlitz, qui vont passer de deux à quatre.

Jeudi soir, la crue de la Seine avait été sous-estimée en raison du blocage des capteurs par des déchets charriés par les eaux. « Ce qui s’est passé c’est qu’il y avait des déchets qui étaient véhiculés par l’eau qui ont interrompu momentanément ces capteurs », a dit la ministre.

La vigilance orange a été étendue à l’aval de la Seine pour prendre en compte « un phénomène assez étonnant, où les marées contrecarrent le flux de l’eau qui va vers la mer », a indiqué la ministre. Dans le centre, il y a une « forte surveillance sur le Cher, où le pic de crue est attendu demain soir », a-t-elle souligné.

© AFP

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