Véhicules polluants: une association lance une action collective contre la Mairie de Paris

Publié le : Last updated:

voiture

Le pot d’échappement d’une voiture photographié à Paris le 14 mars 2014
© AFP/Archives LIONEL BONAVENTURE

Paris (AFP) – L’association 40 millions d’automobilistes (40MA) a annoncé mercredi qu’elle lancerait une action collective contre la Mairie de Paris afin d’obtenir en justice une compensation pour la perte de valeur des voitures interdites de circulation à terme dans la ville, une décision « assumée » par la municipalité.

A partir du 1er juillet, les voitures essence ou diesel mises en service avant le 1er janvier 1997, considérées comme trop polluantes, ne seront plus autorisées à circuler intramuros entre 08H00 et 20H00 en semaine.

« La mesure est votée, actée. Un arrêté sera pris automatiquement le 1er juillet. Dès qu’il le sera, nous serons prêts » à saisir le tribunal administratif, a expliqué Me Jean-Baptiste Iosca, qui porte la procédure, confirmant une information parue dans le Parisien.

« L’idée est de rassembler un maximum de personnes qui vont souhaiter se faire indemniser d’un préjudice évident », car les propriétaires de ces voitures, qui « ne pourront plus rouler avec », « ne pourront plus non plus les vendre », car « personne ne voudra les racheter », tonne Pierre Chasseray, le délégué général de 40MA.

D’après l’association, 800.000 autos sont concernées, qui subiront une décote d’environ 1.250 euros en moyenne, soit un préjudice total de plus d’un milliard d’euros.

Est-ce que la maire de Paris Anne Hidalgo « est prête à prendre un risque à un milliard d’euros pour une idéologie? », a ironisé M. Chasseray, critiquant la « ségrégation par l’argent » que porte selon lui une telle mesure, au détriment des plus pauvres.

« Comment va faire un plombier francilien auto-entrepreneur, qui a du mal à boucler ses fins de mois, et à qui on dira: +tu ne peux plus rentrer dans Paris ? », s’est étranglé Me Iosca.

Au nom de la santé publique, la Ville interdira ensuite progressivement des véhicules plus récents. En 2020, les voitures immatriculées avant le 1er janvier 2011 seront soumises aux mêmes restrictions.

« Il y a toujours des gens qui regardent dans le rétroviseur, qui n’ont pas compris que les questions de santé publique étaient majeures », a répondu la maire de Paris sur RTL, en assurant qu’elle ne « reculerait pas ».

« On ne se contente pas de faire que des interdictions, on propose des alternatives », en transports collectifs ou aides financières à d’autres formes de déplacement, a-t-elle ajouté.

« Nous assumons nos décisions et prenons nos responsabilités », a de son côté indiqué Christophe Najdovski, adjoint EELV chargé des Transports. A Paris, « 90% des Parisiens sont exposés tous les jours à des niveaux d’oxyde d’azote supérieurs aux valeurs limites fixées par l’Union européenne », dit-il.

Plaidant des « mesures progressives et graduées » que permet la loi de transition énergétique, s’ajoutant à un « bon réseau de transports collectifs », M. Najdovski a indiqué qu’on « ne peut reprocher aux élus parisiens de se préoccuper de la santé des Parisiens ».

Le « problème se pose d’abord à Paris. Mais nous avons commencé à travailler avec la métropole. La pollution ne s’arrête pas aux limites du périphérique », dit-il.

Des dizaines de propriétaires de vieilles voitures avaient manifesté mi-avril dans Paris aux côtés de milliers de motards, qui seront soumis à des interdictions similaires.

© AFP

Media Query: