Les opérateurs nucléaires allemands appelés à transférer plus de 20 mds EUR à un fonds public

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Vue sur un réacteur de la centrale nucléaire de Neckarwestheim, dans le sud de l’Allemagne, le 20 mars 2011
© AFP/Archives Thomas KIENZLE

Berlin (AFP) – Les quatre opérateurs allemands de centrales nucléaires devront transférer à un fond public plus de 20 milliards d’euros de provisions pour l’arrêt du nucléaire, a conclu mercredi une commission mise en place par Berlin.

La commission était chargée de trouver un moyen de s’assurer que les provisions constituées par les opérateurs de centrales seront suffisantes et mobilisables le moment venu. L’Allemagne, où huit réacteurs sont encore en activité, va arrêter d’ici 2022 toutes ses centrales nucléaires. La chancelière Angela Merkel en a pris la décision il y a cinq ans, après la catastrophe de Fukushima.

Le démantèlement des centrales et le stockage des déchets vont coûter des dizaines de milliards d’euros. EON, RWE, Vattenfall et EnBW ont mis de côté 40 milliards d’euros dans leurs comptes à cet effet, mais leurs difficultés financières – dépréciations, pertes à répétition, restructurations – ont fait naître des inquiétudes sur le fait que l’argent sera bien disponible au moment voulu.

Pour s’en assurer, la commission propose que plus de la moitié de cette somme, 23,3 milliards d’euros, destinés à couvrir les coûts de transport et stockage des déchets, soient transférés le plus vite possible à un fonds. Celui-ci sera géré par l’Etat, qui le fera fructifier et assumera aussi la responsabilité juridique de cette question.

Pour le moment, les opérateurs ont provisionné un total de 17 milliards d’euros pour la problématique « déchets ». La commission leur demande une « prime de risque » de 6,3 milliards d’euros de plus, mais en échange de la garantie qu’ils n’auront plus à se préoccuper de cet aspect.

Les intéressés affirment qu’ils « ne peuvent pas accepter en l’état » cette proposition. Le montant de la prime de risque « dépasse » leurs moyens », ont-ils réagi dans un communiqué commun.

La Bourse semblait d’un autre avis, le titre de RWE prenant près de 8% et celui d’EON plus de 4% à Francfort à 14H00 GMT.

La commission propose en outre que le démantèlement à proprement parler des centrales reste l’affaire des opérateurs, à la fois financièrement et juridiquement.

Cette solution, trouvée après des mois de discussions acharnées, devrait permettre « d’apporter une certaine sécurité » mais « pas à 100% », a déclaré lors d’une conférence de presse l’un des membres de la commission, l’homme politique Matthias Platzeck.

Les conclusions de la commission ont une forte probabilité d’être reprises telles quelles par le gouvernement. Elles doivent se traduire par une loi, qui pourrait être votée fin 2016 ou début 2017.

© AFP

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