Les OGM marquent le pas sur la planète pour la première fois en 20 ans

Publié le : Last updated:

OGM

Les cultures OGM dans le monde ont marqué le pas en 2015 pour la première fois en 20 ans, après avoir connu une croissance régulière
© AFP/Archives Ronaldo Schemidt

Paris (AFP) – Les cultures OGM dans le monde ont marqué le pas en 2015 pour la première fois en 20 ans, après avoir connu une croissance régulière et certains pays, comme le Burkina Faso récemment, leur tournent carrément le dos.

Vingt ans après la première commercialisation d’une plante génétiquement modifiée en 1996, les surfaces cultivées en OGM atteignent près de deux milliards d’hectares: pourtant, « après 19 ans de croissance annuelle consécutive » elles ont reculé de 1% passant de 179,7 millions ha en 2015 contre 181,5 millions ha en 2014, selon le rapport d’une ONG spécialisée.

Pour l’ISAAA (International Service for the Acquisition of Agri-biotech applications), association plutôt favorable aux OGM, cette réduction « marginale » serait conjoncturelle et s’expliquerait par l’effondrement des cours de certaines matières premières agricoles comme le maïs (-4% en surfaces) ou le coton (-5%). Aussi cette diminution « est susceptible de s’inverser quand le niveau des prix s’inversera », écrit-elle.

Ainsi aux Etats-Unis, leader avec 39% du total mondial (70,9 millions ha), les surfaces OGM ont reculé de 2,2 millions ha. Au Canada, 5e producteur de cultures transgéniques, les surfaces ont reculé de 11,6 millions à 11 millions d’ha (- 5%) « dus à une diminution des surfaces en colza » insiste le rapport.

En Afrique du sud, c’est la sécheresse sévère qui a fait reculer les surfaces de maïs OGM d’environ 70.000 ha, passant de 3 millions à 2,3 millions ha, la diminution la plus forte (-23%).

Et la semaine dernière, le Burkina Faso, seul pays d’Afrique de l’Ouest converti à l’agriculture bio-tech depuis les années 2000 a totalement renoncé au coton transgénique, assénant qu’il n’était pas rentable.

L’ISAAA rappelle cependant qu’en 20 ans, les surfaces dédiées aux OGM ont « augmenté 100 fois » et concernent désormais 18 millions de fermiers dans 28 pays.

Parmi eux, 20 sont en développement (54% des superficies mondiales) dont le Vietnam qui s’est lancé dans les OGM en 2015 ou Cuba depuis deux ans, le Bangladesh ayant doublé ses surfaces.

Cinq pays en développement – Brésil (2e derrière les USA), Argentine (3e), Inde (4e), Chine (6e) et Afrique du Sud (9e) – ont cultivé près de la moitié (48%) des OGM mondiaux.

Pour les auteurs, « une réglementation couteuse des plantes GM reste la principale contrainte à leur adoption » dans les pays en développement. Ils accusent « les opposants aux OGM et aux nouvelles technologies » d’exiger ces réglementations pour empêcher les agriculteurs pauvres, « y compris en Europe, d’avoir accès à ces technologies ».

© AFP

Media Query: