Nucléaire/mesures d’urgence: « on est loin du compte »

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Paris (AFP) – L’Association des Commissions Locales d’Information (CLI) sur le nucléaire a estimé mardi que la France était « loin de compte » concernant les mesures de protection des personnes en cas d’accident nucléaire.

« Sur le papier, tout semble en ordre. Dans les faits, on est très loin du compte », a déclaré à la presse Jean-Claude Delalonde, président de l’ANCCLI (Association nationale des comités et commissions locales d’information).

« Je pense que tout le monde est d’accord aujourd’hui pour dire qu’un accident nucléaire peut arriver en France. La question est de savoir si le jour où il se produira, tout est bien prévu », a ajouté M. Delalonde. « Il ne s’agit pas de faire du +catastrophisme+ », a-t-il précisé.

Née en 2000, l’ANCCLI compte des représentants des 36 Commissions locales d’information (CLI) créées autour des sites nucléaires.

Chaque CLI est formée d’élus locaux, d’associations de protection de l’environnement, de syndicalistes et d’experts et personnalités qualifiées.

A l’occasion des 5 ans de la catastrophe de Fukushima et des 30 ans de celle de Tchernobyl, l’ANCCLI a présenté un rapport de son comité scientifique et un autre de l’ACRO (Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest) sur les plans d’urgence nucléaire en France. Plus de cent pages au total pour faire l’état des lieux et avancer des propositions.

« La France a tiré de grandes leçons » de Tchernobyl et de Fukushima mais dans les faits « il n’y a pas beaucoup de changements », a dit M. Delalonde.

Un Plan National de réponse à un accident nucléaire ou radiologique majeur a été rendu public en février 2014.

Ce plan doit être décliné à présent dans les Plans Particuliers d’Intervention (PPI) qui concernent chaque site nucléaire et doivent être réactualisés par les préfets. Ils sont très disparates selon les endroits et certains ne sont même pas mis en ligne, dit M. Delalonde.

« Deux ans après, les préfets ne se sont toujours pas mis en ordre de marche pour appliquer ce que le Plan National prévoit », affirme M. Delalonde. « Il est temps de se mettre à travailler, en concertation avec la société civile. Cela ne pourra pas se faire d’un coup de baguette magique ».

Les CLI demandent à être associées à la réactualisation des PPI. « Nous voulons faire des propositions. Et si elles ne sont pas retenues, nous voulons qu’on nous dise pourquoi », ajoute M. Delalonde.

« Trop d’interrogations demeurent » sur l’âge des centrales nucléaires et leur niveau de sécurité, sur l’information des populations, leur mise à l’abri en cas d’accident, la distribution d’iode, le temps d’évacuation, les lieux d’accueil possibles, déclare M. Delalonde.

« Beaucoup de choses ont été faites en France en matière de sûreté nucléaire, contrairement à d’autres pays et on dit bravo pour cela ». « Mais nous devons aussi pointer du doigt ce qui ne va pas », ajoute cet ancien maire de Loon-Plage, commune située près de la centrale nucléaire de Gravelines.

© AFP

 

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