La conférence environnementale reportée après la signature de l’accord de la COP21

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La conférence environnementale, qui était prévue les 14 et 15 avril, a été reportée aux 25 et 26 avril, après la cérémonie de signatures le 22 avril à New York de l’accord de Paris sur le climat
© AFP/Archives LOIC VENANCE

Paris (AFP) – A la peine dans les dossiers environnementaux comme Notre-Dame-des-Landes ou la feuille de route de la transition énergétique, le gouvernement a décalé la conférence environnementale prévue mi-avril et réunira ONG, syndicats et patronat après la signature de l’accord de Paris sur le climat.

« C’est un très mauvais signal », a estimé Pascal Canfin, le directeur général de WWF France, interrogé par l’AFP.

« Le gouvernement donne l’impression de fuir le débat », a renchéri Florent Compain, le président des Amis de la Terre.

Cette 4e conférence environnementale, un rendez-vous initié par François Hollande pour fixer une feuille de route « verte » chaque année, devait avoir lieu les 14 et 15 avril.

Cela constituait déjà un report, les précédentes éditions ayant eu lieu entre septembre et décembre: en 2015, l’organisation de la COP21 (30 novembre-12 décembre) avait justifié le renvoi de quelques mois de ce rendez-vous.

Là, c’est la signature de l’accord de Paris, le 22 avril au siège de l’ONU à New York par les représentants de nombreux pays, qui est mise en avant par le ministère pour expliquer ce nouveau délai.

« La conférence est programmée les 25 et 26 avril pour être juste après la signature à New York », a indiqué à l’AFP le cabinet de la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal.

Devenue présidente de la COP21 à la mi-février, après le départ du gouvernement de Laurent Fabius, Ségolène Royal a multiplié les déplacements pour mobiliser les pays: elle a effectué deux tournées en Afrique (Egypte, Ethiopie, Sénégal, RD Congo, etc.) et s’est rendue à Bonn (Allemagne) au siège de la Convention de l’ONU sur le climat.

Son objectif: qu’un maximum de pays, parmi les 195 membres de la Convention de l’ONU sur le climat, signent le texte historique adopté à Paris qui vise à limiter le réchauffement de la planète.

Ainsi, « on pourra se féliciter à la conférence environnementale de cette signature », glisse l’avocat spécialisé en droit de l’environnement Arnaud Gossement.

Car au plan national, le gouvernement peine de plus en plus à convaincre de son ambition en matière d’écologie.

« Ce report doit permettre de mettre sur la table des mesures ambitieuses », souhaite Denis Voisin de la Fondation Hulot (FNH). « Ce n’était pas le cas jusqu’ici », dit-il au vu des réunions de préparation de la conférence environnementale.

Parmi les sujets en souffrance, le porte-parole de FNH cite notamment la feuille de route de la transition énergétique, le dialogue environnemental autour du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la réforme de la fiscalité, des mesures sur les transports ou l’agriculture.

Jeudi, FNH et six autres ONG (WWF, FNE, Amis de la Terre, etc.) ont écrit au Premier ministre  pour lui demander de revoir le projet d’ordonnance encadrant la consultation des citoyens sur le projet contesté d’un nouvel aéroport près de Nantes.

Face à la mobilisation des opposants, le gouvernement a annoncé la tenue d’une consultation en juin, mais son périmètre, ainsi que l’information des citoyens et la formulation de la question font débat.

« Ce projet d’ordonnance, rédigé dans la précipitation, est un recul du dialogue environnemental », estime Denis Voisin, à la veille de la consultation du Conseil national de la transition écologique (ONG, entreprises, syndicats, consommateurs, élus) sur le sujet.

Autre dossier « chaud » sur le bureau de Ségolène Royal: la feuille de route de la transition énergétique, appelée « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE) par les spécialistes.

Ce document, qui fera ensuite l’objet d’un décret, doit fixer l’évolution de la demande énergétique et la part des différentes énergies pour y répondre (nucléaire, solaire, etc.) dans les prochaines années. Début mars, six mois après le vote de la loi sur la transition énergétique, le gouvernement a reporté sine die sa publication.

« Tout le monde attend la PPE! », insiste Arnaud Gossement, les ONG comme les professionnels du secteur énergétique. « C’est la colonne vertébrale de la loi sur la transition énergétique, mais cela exige de rentrer dans le dur, de faire des choix », prévient-il. Notamment sur le nucléaire dont la part dans la production d’électricité doit passer de 75 à 50% en 2025.

 

© AFP

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