Honduras: assassinat de la militante écologiste Berta Cáceres

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Berta Cacere conduit la mobilisation des Lencas face au projet de barrage au Honduras. Photo : Goldman Environment Prize

Berta Cacere conduit la mobilisation des Lencas face au projet de barrage au Honduras. Photo : Goldman Environment Prize

Tegucigalpa (AFP) – Une militante écologiste hondurienne, Berta Caceres, a été assassinée jeudi par des inconnus qui lui ont tiré dessus alors qu’elle rentrait chez elle, à La Esperanza, à environ 200 km au nord-ouest de Tegucigalpa, a annoncé sa famille.

En 2015, elle avait obtenu le prix Goldman qui récompense des militants écologistes de terrain pour son combat contre la construction d’un barrage :

Berta Cáceres lutte contre la construction d’un grand barrage au Honduras

Un projet de grand barrage menace d’expulsion une partie des peuples indigènes du Honduras. Le pays n’arrive pas à sortir de la spirale de la violence et a concédé un tiers de ses terres aux compagnies minières. Elles veulent aussi ériger un barrage afin de disposer de l’énergie nécessaire à l’extraction. Berta Cáceres du peuple des Lencas a fédéré les communautés indigènes opposées à ce projet. Ils bloquent pacifiquement les routes pour empêcher le matériel de construction d’arriver sur le chantier. Lors d’une manifestation, Tomas Garcia, l’un des leaders de l’opposition au barrage est abattu. Bien qu’aussi menacée de mort, elle conduit de nombreuses actions non-violentes. En 2013, le projet est suspendu, la Banque mondiale a retiré ses fonds.

La police a affirmé que la dirigeante du Conseil Citoyen des Organisations des Peuples Amérindiens du Honduras (Copinh), qui a reçu un prix pour sa défense de l’environnement, a été tuée par des voleurs « mais nous savons tous que c’est pour sa lutte » écologiste, a affirmé sa mère, Berta Flores, à la chaîne de télévision TV Globo.

« La police dit que c’était pour la voler mais c’est un crime politique du gouvernement » hondurien, a affirmé à l’AFP Carlos H. Reyes, dirigeant du Front national de Résistance populaire (FNRP).

« Pour la police, des inconnus sont entrés dans la maison par la porte de derrière et lui ont tiré dessus à plusieurs reprises, mais nous savons tous que ce sont des mensonges, qu’ils l’ont tuée pour sa lutte » en faveur de l’environnement, a-t-il insisté.

Mme Flores a ajouté que la Commission interaméricaine des droits de l’homme avait demandé des mesures pour assurer la sécurité de la militante mais qu’elle n’avait, de fait, reçu aucune protection de l’Etat sous pression de ceux qui défendent le secteur minier et les entreprises hydroélectriques.

Berta Caceres s’était fait connaître pour sa défense du fleuve Gualcarque, dans le département de Santa Bárbara, dans le nord-ouest du Honduras, où une entreprise prévoit de construire un barrage hydroélectrique qui menace de priver d’eau des centaines d’habitants de la zone.

Sa mère a affirmé que Berta Caceres s’était rendue récemment sur place « et avait eu une vive altercation avec les militaires et les dirigeants de l’entreprise qui construit le barrage. Et elle m’avait dit qu’il fallait qu’ils arrêtent la construction car elle allait détruire la vie ».

© AFP
La rédaction, avec l’AFP

 

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