Japon: un réacteur nucléaire tout juste relancé s’arrête à cause d’un problème technique

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centrale nucléaire

Les réacteurs numéro 3 et 4 de Kansai Electric Power, au Japon, le 26 février 2016
© JIJI PRESS/AFP/Archives JIJI PRESS

Tokyo (AFP) – Un réacteur nucléaire de l’ouest du Japon, relancé vendredi dernier, s’est soudainement arrêté lundi à cause d’un problème technique, a annoncé la compagnie exploitante Kansai Electric Power.

Une alarme a retenti et l’unité Takahama 4 s’est stoppée un peu après 14H00 locales (05H00 GMT), a expliqué un porte-parole.

« Nous sommes en train d’analyser la cause du problème et nous ne savons pas quel sera le calendrier à venir » pour la remise en service de cette tranche, a déclaré aux médias un responsable de la compagnie, Kenji Miyata.

Le réacteur avait été remis en marche avant le week-end et la réaction en chaîne avait commencé samedi. Il devait générer de l’électricité (à titre d’essai et non pour une mise sur le réseau) à partir de ce lundi mais, pour une raison encore inexpliquée, le processus s’est interrompu et se système a demandé que soient insérées les barres de contrôle servant à des fin de surveillance de l’état du réacteur.

Le système de refroidissement fonctionne normalement et il n’y a aucun impact extérieur, a insisté Kansai Electric.

Après la détection d’une anomalie sur le générateur d’électricité, la turbine s’est automatiquement arrêtée de même que le réacteur, selon les premières informations disponibles.

L’unité Takahama 4 avait déjà connu il y a plus d’une semaine, avant son redémarrage, une fuite d’eau radioactive qui avait obligé à interrompre momentanément les préparatifs de remise en marche afin de resserrer les boulons d’une valve.

Ces incidents risquent d’entraîner des doutes sur la qualité des vérifications effectuées par les exploitants et les experts de l’Autorité de régulation nucléaire.

La réaction des antinucléaires n’a d’ailleurs pas tardé: « quelques jours après son redémarrage, la panne de la turbine et l’arrêt d’urgence du réacteur Takahama 4 démontrent à quel point les préparatifs de la remise en service ont été bâclés », s’est agacée la militante de Greenpeace Kendra Ulrich dans un communiqué.

« Nous voyons ainsi démontrée cette absence totale de culture de sécurité tant au sein de la compagnie que de l’autorité nucléaire », dit-elle encore.

L’organisme écologiste souligne que la défaillance de la turbine peut être causée par un certain nombre de facteurs, dont l’accumulation d’impuretés.

Takahama 4 est arrêté depuis juillet 2011. A l’instar de toutes les autres tranches du Japon, son redémarrage était conditionné à l’obtention de certificats techniques et de feux verts politiques qu’il a reçus l’an passé (comme l’unité voisine Takahama 3), mais une décision de justice avait un temps bloqué leur redémarrage.

Les anti-nucléaires s’opposent vivement à l’exploitation des réacteurs atomiques au Japon, notamment les unités 3 et 4 de Takahama qui utilisent partiellement du combustible Mox, jugé plus dangereux.

Il ne reste dans le pays que 43 unités potentiellement exploitables, contre 54 avant la catastrophe de Fukushima. Seulement trois fonctionnent et Takahama 4 avait été la quatrième relancée.

Fervent partisan de l’atome pour des raisons économiques, le gouvernement du Premier ministre conservateur Shinzo Abe plaide depuis trois ans pour que tous les réacteurs jugés sûrs par l’Autorité de régulation nucléaire soient relancés.

 

© AFP

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