La fuite de gaz naturel en Californie est sans précédent aux Etats-Unis

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Des manifestants protestent contre la fuite de gaz naturel, le 23 janvier 2016, près de Los Angeles
© AFP/Archives Mark Ralston

Washington (AFP) – La récente fuite de gaz naturel qui s’est produite près de Los Angeles a libéré plus de 100.000 tonnes de méthane, un puissant gaz à effet de serre, ce qui représente un record dans l’histoire américaine, selon une étude publiée jeudi.

Cette étude, parue dans la revue Science, est la première à analyser l’impact environnemental de cette gigantesque fuite dans l’installation de stockage gazier d’Aliso Canyon, finalement scellée de façon permanente le 11 février dernier après 112 jours.

« Cette fuite de méthane a été extraordinairement élevée, la plus  élevée jamais vue aux Etats-Unis », souligne Donald Blake, un chimiste de l’Université de Californie à Irvine.

Selon les estimations de ces scientifiques, les émissions de méthane pendant ces 112 jours équivalent à un quart de la pollution annuelle par ce gaz provenant de toutes les autres sources combinées dans le bassin de Los Angeles.

L’impact désastreux sur le réchauffement climatique est également équivalent à celui des gaz à effet de serre provenant des émissions d’échappement de plus d’un demi million de voitures, selon cette étude.

Des analyses d’échantillons de méthane ont montré que les niveaux de plusieurs substances potentiellement dangereuses, qui se trouvaient dans ce gaz naturel, étaient au-dessus de la normale. Il s’agit du benzène, du toluène et du xylène.

« Certains des éléments volatiles de ces substances organiques ont été liés à des effets néfastes pour la santé sur le long terme », précise Donald Blake.

Plus de 11.000 personnes qui résidaient à proximité de la fuite, qui s’est produite dans un puits défectueux, avaient fini par être évacuées et le gouverneur de Californie Jerry Brown avait déclaré l’état d’urgence.

Cette méga-fuite a également braqué les projecteurs sur le problème plus étendu des émissions involontaires dans les installations de production de gaz naturel ainsi que lors des opérations de transformation, de transport dans les gazoducs et dans les installations de stockage dans l’ensemble des Etats-Unis.

L’étude insiste sur l’importance d’analyses indépendantes sur les substances chimiques que contient le gaz.

Mesurer les taux des émissions de gaz naturel, déterminer les endroits où elles se produisent ainsi que la composition du panache peut aider les responsables à évaluer les risques pour la santé publique et l’efficacité des mesures prises pour l’arrêter ainsi que l’impact environnemental.

Ce désastre va substantiellement affecter les capacités de la Californie à respecter ses objectifs en matière de réduction des gaz à effet de serre en 2016, estiment les auteurs.

« Nos résultats montrent combien les défaillances des infrastructures de gaz naturel peuvent avoir un impact significatif sur le contrôle des gaz à effet de serre », juge ainsi Tom Ryerson, un scientifique à l’Agence nationale américaine océanique et atmosphérique.

 

© AFP

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