Plébiscité, le prix du carbone confirmé en tant qu’outil pertinent pour le climat

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prix du carbone

Une centrale électrique au charbon à Rommerskirchen, dans l’ouest de l’Allemagne, le 24 octobre 2014
© AFP/Archives PATRIK STOLLARZ

Le Bourget (France) (AFP) – Le monde économique en avait fait son cheval de bataille, l’accord mondial approuvé à Paris samedi à l’issue de la conférence sur le climat entérine l’importance de donner un prix au carbone pour lutter contre le réchauffement climatique.

Mettre un prix sur le carbone, permet de favoriser les investissements dans les technologies les moins polluantes, en faisant payer aux entreprises leurs émissions de gaz à effet de serre.

Plusieurs pays, régions ou villes (Californie, Québec, etc.) ont déjà mis en place ce genre de mécanisme à travers des taxes, des marchés d’échanges de quotas d’émissions, comme dans l’Union européenne, ou des réglementations sur les normes d’émissions de gaz à effet de serre.

Mais dans un rapport publié cette semaine, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a montré que « la plupart des pays n’ont pas donné aux émissions de carbone un prix suffisant pour refléter leurs impacts négatifs sur le climat ».

La détermination d’un prix du carbone au niveau mondial ne relevait pas du mandat de négociations de la COP21, mais, ces derniers mois, des acteurs économiques, des responsables politiques et des ONG avaient milité pour qu’elle figure dans le texte de l’accord.

« Nous espérons que ce sera inscrit quelque part dans la déclaration finale », avait ainsi déclaré le PDG du groupe énergétique français Engie (ex-GDF Suez), Gérard Mestrallet, porte-parole du Business dialogue, un groupe d’entreprises invitées par l’ONU à participer aux débats de la COP.

Car le prix du carbone est aussi une manière d’assurer une concurrence équitable au niveau mondial entre toutes les entreprises, qui auraient alors les mêmes contraintes.

Pascal Chalvon Demersay, un des dirigeants du groupe chimique belge Solvay, avait même montré du doigt le risque de « fuite du carbone » d’entreprises qui iraient s’installer dans des pays ne faisant pas payer les émissions.

Au premier jour de la COP21, une coalition rassemblant des dirigeants politiques (François Hollande, Angela Merkel, etc.), la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et des chefs d’entreprise, avait « appelé le monde à tarifer les émissions de carbone ».

« Aucune négociation sur le climat ne peut ignorer la question du prix du carbone », avait ce jour-là affirmé le président français François Hollande.

L’accord final « reconnaît le rôle important des incitations à réduire les émissions des activités (économiques) incluant des outils comme des politiques publiques et le prix du carbone ».

Laurent Babikian, directeur France et Benelux de l’organisation Carbon Disclose Project (CDP), se dit « satisfait qu’il soit mentionné ». Toutefois, a-t-il ajouté, « l’idéal serait qu’il y ait un prix unique du carbone dans le monde, mais cela va venir petit à petit, chaque entreprise aura son prix et puis (il va se mettre en place) région par région ».

« Le texte n’est pas assez fort, (…) la mention devient assez elliptique », a cependant déploré samedi Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot.

AFP

 

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