Des HLM de plus en plus verts, pour lutter contre le dérèglement climatique

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le mouvement HLM expérimente la construction verte car il s’est engagé à lutter contre le dérèglement climatique
© AFP/Archives Nicolas Tucat

Paris (AFP) – En France, où près d’un habitant sur cinq vit dans un logement social, le mouvement HLM expérimente la construction verte car il s’est engagé à lutter contre le dérèglement climatique en produisant des bâtiments « exemplaires » et en rénovant 100.000 logements par an.

Un décret paru ces derniers jours, qui fixe les premiers « budgets carbone » du pays, a assigné au secteur du bâtiment un objectif très ambitieux : une réduction de 54% de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2028.

Cet objectif est d’ores et déjà jugé « irréaliste » par Jacques Chanut, le président de la Fédération française du bâtiment (FFB).

« Il y aura un engagement du secteur dans une charte, dans le cadre de la conférence sur le climat en décembre (COP21), mais on a un peu chargé la barque: on a tendance à prendre le bâtiment comme variable d’ajustement », estime Alain Maugard, président de l’organisme Qualibat, qui délivre la qualification « RGE » (reconnu garant de l’environnement) aux entreprises du secteur.

Les HLM, qui logent 12 millions de Français, ont entrepris des efforts importants pour améliorer la performance énergétique de leurs 4,4 millions de logements.

Aujourd’hui, 33% du parc HLM se classe parmi les logements les moins énergivores, contre 14% pour l’ensemble des résidences principales.

L’un des plus gros bailleurs sociaux, 3F (plus de 200.000 logements), se veut volontariste: après avoir livré son premier bâtiment basse consommation (BBC) en 2009, il a construit trois immeubles à énergie positive en 2012 et livrera en 2016 son premier bâtiment à structure en bois, comprenant 144 logements, à Ris-Orangis (Essonne).

« Ce sera très positif en matière d’empreinte carbone, le bois stockera le CO2 pendant toute la vie du bâtiment, celui-ci, moins lourd, nécessitera moins de fondations, et le chantier sera ramené à 14 mois », a expliqué Didier Jeanneau, administrateur délégué de 3F, lors d’un colloque organisé jeudi par AEF Habitat et urbanisme.

A partir de l’an prochain, 100% des opérations de 3F comprendront une part d’énergies renouvelables telles que le solaire ou la géothermie, des équipements innovants mais à la gestion coûteuse, dans laquelle le secteur HLM s’est « beaucoup aguerri ».

« Dans la conception, il faut beaucoup de rigueur : si on ne contrôle pas la sous-traitance, on n’atteint pas les objectifs de gains énergétiques », met en garde M. Jeanneau.

« Et dans l’exploitation et la maintenance, il y a un vrai manque de compétences et de formation : si les résultats ne sont pas au rendez-vous, ces sociétés doivent être co-responsables économiquement », dit-il.

Pour la sociologue Hélène Subremon, il faut d’abord veiller à produire des logements agréables à vivre : « Ces dernières années, on a porté tous les efforts sur les procédés constructifs performants, ce qui a conduit à réduire le confort des logements », regrette-t-elle.

En effet, « construire un bâtiment à énergie positive coûte plus cher, alors on a réduit les coûts en produisant des logements moins grands, avec de petites fenêtres », déplore Mme Subremon.

Et si sur le logement neuf, « on a atteint des performances énergétiques inimaginables il y a dix ans, il faut maintenant agir sur le stock », souligne Alain Maugard.

Depuis le Grenelle de l’Environnement, le mouvement HLM a lancé un programme de rénovation des 800.000 logements sociaux les plus énergivores. Un effort plus que nécessaire, car 60% des immeubles actuels seront encore là en 2050.

Ainsi pour les 15.000 logements rénovés par 3F ces cinq dernières années, la consommation d’énergie a baissé de 30%, rapporte M. Jeanneau, grâce à l’isolation des façades, au changement d’équipements (chaudières, convecteurs) et à la mise en place d’énergies renouvelables.

Enfin, « les habitants n’adopteront réellement des usages économes en énergie que s’ils sont associés à la conception des logements », estime l’architecte urbaniste Marika Frenette, dont la société Wigwam a mené 25 opérations de construction collaborative en huit ans.

© AFP

 

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