Climat: la limite de 2°C, un objectif possible suspendu à de nouveaux efforts

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Une cheminée d’usine, le 25 septembre 2015 à Shijiazhuang, dans la province du Hebei, en Chine
© AFP/Archives Fred Dufour

 

Berlin (AFP) – Le monde fournit des efforts sans précédent pour lutter contre le réchauffement de la planète, mais il faudra des politiques encore plus volontaristes dans les prochaines années pour espérer limiter la hausse du mercure à 2°C, a averti vendredi l’ONU.

« Un effort mondial sans précédent est en cours » et permet d’envisager de pouvoir rester sous les 2°C, estime un rapport publié à Berlin, qui passe en revue les objectifs de réduction des gaz à effet de serre annoncés par 146 pays au 1er octobre (86% des émissions mondiales).

Selon les Nations unies, « des réductions d’émissions de gaz à effet de serre beaucoup plus importantes » seront nécessaires dans les prochaines années pour rester sous cette limite.

Le verdict de l’ONU tombe un mois avant le coup d’envoi de la conférence mondiale sur le climat à Paris où le premier accord engageant l’ensemble des pays dans la lutte contre le réchauffement est espéré.

Reprenant une récente estimation réalisée par le groupe Carbon action tracker (CAT), les Nations unies estiment que les engagements nationaux « ont la capacité de limiter à 2,7°C l’élévation de la température ».

« Ce n’est en aucun cas suffisant », car encore synonyme de dérèglements climatiques majeurs, « mais cela est beaucoup plus bas que les 4 ou 5 degrés ou plus de réchauffement projetés par beaucoup avant les engagements », a commenté Christina Figueres, la secrétaire genérale de la Convention climat de l’ONU, dans un communiqué.

La température moyenne de la planète a gagné 0,8°C depuis l’ère pré-industrielle. Ce réchauffement de la planète, dont la vitesse est inédite, menace de nombreuses espèces et est à l’origine d’évènements météorologiques extrêmes plus fréquents, de la fonte accélérée des glaciers à la montée du niveau des océans.

Les émissions de gaz à effet de serre produites par les activités humaines, la plupart issues de la combustion des énergies fossiles, sont à l’origine d’une hausse trop rapide des températures.

« Pleinement mis en oeuvre, ces plans de réductions d’émissions commencent ensemble à ouvrir une brèche significative dans la croissance des émissions de gaz à effet de serre », a estimé Christiana Figueres.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a calculé qu’il ne fallait pas émettre plus de 1.000 gigatonnes de CO2 pour avoir de bonnes chances de respecter l’objectif des 2°C. Cela constitue le « budget carbone » de l’Humanité.

Avec les engagements actuels, 72 à 75% de ce « budget » auront été consommés en 2030 car selon les projections de l’ONU, les émissions cumulées atteindraient environ 540 gigatonnes en 2025 et 748 gigatonnes en 2030.

Les principaux émetteurs sont la Chine (environ 25%), les Etats-Unis (15%), l’Union européenne (10%), l’Inde (6% et la Russie (5%).

Au cours des derniers mois, les 195 pays participant aux négociations sur le climat ont dû plancher sur leurs besoins énergétiques à l’horizon 2025 ou 2030 et formuler des objectifs pour y répondre, tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre.

« Il faut saluer le fait que tant de pays ont pris des engagements publics pour réduire leurs émissions, certains de manière plus significative que d’autres », a commenté Oxfam.

« Si les engagements sont un pas dans la bonne direction, ils nous ramènent d’une catastrophe à 4°C à un désastre à 3°C », ajoute l’ONG.

Jennifer Morgan du World ressources institute basé à Washington a souligné que le nombre de pays déterminés à mettre en place des modèles énergétiques moins émetteurs de CO2 était le signe que « le contexte a changé depuis Copenhague en 2009 », lorsque la communauté internationale avait échoué à sceller un accord mondial pour lutter contre le réchauffement.

« Les pays vont devoir accélérer leurs efforts après la conférence de Paris », a-t-elle dit.

Un mécanisme pour revoir régulièrement l’ambition des pays à la hausse est discuté et devrait faire partie de l’accord de Paris.

© AFP

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