Feux de forêts en Indonésie: un Français accuse l’industrie de l’huile de palme

Publié le : Last updated:

huile de palme

Chanee Kalaweit, de son vrai nom Aurélien Brulé, environnementaliste français installé à Kalimantan, le 27 octobre 2015
© AFP Bay Ismoyo

Palangkaraya (Indonésie) (AFP) – Un Français vivant depuis 17 ans en Indonésie accuse l’industrie de l’huile de palme d’encourager les feux de forêts qui ravagent depuis des mois l’archipel d’Asie du Sud-Est, dans une vidéo en ligne où il fait part de sa « colère » au président indonésien.

Installé sur l’île de Kalimantan (partie indonésienne de Bornéo) pour tenter de sauver de la disparition les gibbons, des singes décimés par la déforestation massive, Chanee (de son vrai nom Aurélien Brulé) déplore que « la corruption, le népotisme, les intimidations sont fréquentes pour soutenir l’expansion des plantations de palmiers » à huile, dont l’Indonésie est le premier producteur mondial.

Des dizaines de milliers de personnes sont victimes d’infections respiratoires sur les îles de Kalimantan et Sumatra — abritant le plus grand nombre de plantations de palmiers à huile du pays — en raison des fumées toxiques provenant de ces incendies illégaux, qui durent depuis plusieurs mois.

« Monsieur le président, je suis en colère parce que toutes ces souffrances existent à cause de l’industrie de l’huile de palme », huile végétale la plus consommée au monde, dit-il dans cette vidéo en indonésien mise en ligne le 21 octobre et visionnée plus de 86.000 fois jusqu’à mardi.

Dans une interview à l’AFP à Palangkaraya, l’une des villes les plus touchées par les incendies, où il habite avec sa famille, Chanee explique qu’il a tourné cette vidéo pour faire part de sa « colère » au président Joko Widodo.

« Tous les ans c’est le même scénario, et tous les ans on voit les plantations d’huile de palme qui avancent parce qu’elles brûlent la forêt » pour accroître la production, estime le Français, dont l’association Kalaweit a pour objectif de sauvegarder les gibbons et leur habitat à Kalimantan.

« Ce que j’ai voulu vraiment faire comprendre au président indonésien, c’est qu’avec l’industrie de l’huile de palme il y a un phénomène nouveau. Les incendies qu’on observe un peu partout en Indonésie aujourd’hui ne sont pas forcément des incendies dans les concessions de compagnies de palmiers à huile, ce sont les propriétaires terriens qui sont poussés à brûler leur terrains pour faire du palmier », dit-il.

« Ensuite les fruits de la récolte de ces palmiers sur ces terres privées seront vendus aux compagnies. L’industrie de l’huile de palme pousse à la déforestation massive », déplore-t-il.

© AFP

Media Query: