Greenpeace dénonce une « omniprésence des pesticides » derrière les prix bas de Leclerc

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Les militants de Greenpeace déploient une bannière sur un supermarché à Roques, près de Toulouse le 24 octobre 2015
© AFP REMY GABALDA

Toulouse (AFP) – Les écologistes de Greenpeace ont accroché samedi matin une banderole de 200 m2 sur la façade d’un hypermarché Leclerc près de Toulouse, pour dénoncer sa politique de bas prix, qui implique, selon eux une « omniprésence des pesticides » dans les produits agricoles, a constaté un photographe de l’AFP.

Dans un communiqué envoyé à l’AFP, le distributeur Leclerc a rejeté les accusations de Greenpeace en soulignant notamment que « l’ensemble de ses fournisseurs sont dans l’obligation de respecter les réglementations françaises et européennes en vigueur quant à l’utilisation des pesticides ».

« Pesticides pour tous », pouvait-on lire sur cette banderole installée dans la matinée par une dizaine de militants en rouge, transformés en grimpeurs sur la façade du bâtiment de plusieurs étages. Le tout, sous le regard goguenard des gendarmes et d’une trentaine d’autres militants de l’organisation internationale.

« Avec cette action, Greenpeace caricature le ton militant souvent employé par Leclerc dans ses publicités », proclame un communiqué de l’organisation.

« Nous le faisons pour révéler son vrai visage : la conséquence de son acharnement à acheter de gros volumes de fruits et légumes au prix le plus bas, c’est l’omniprésence des pesticides dans les champs et les assiettes », est-il ajouté dans le texte.

Greenpeace indique avoir lancé cette campagne le 15 octobre dans plusieurs villes de France pour sensibiliser les clients de ce distributeur « en utilisant ses codes de pub, comme il l’avait fait lui-même en détournant des affiches de mai 68 », explique à l’AFP un responsable de communication, Cédric Gervet.

Il affirme avoir testé les deux produits frais les plus consommés de France, produits en France, la pomme de terre et les pommes. Certains de ces produits frais vendus dans l’ensemble des supermarchés ont des résidus de pesticides et à divers degrés, sauf pour ceux issus de l’agriculture biologique.

S’il est légal d’utiliser certains pesticides, fait remarquer à l’AFP Anaïs Fourest, chargée de la campagne agriculture au sein de l’organisation, on ne connaît pas les conséquences de « l’effet cocktail » des différentes molécules de pesticides observées.

Mais le distributeur Leclerc rétorque que non seulement il se soumet à la législation européenne dans ce domaine mais affirme avoir « pris les devants des réglementations à venir (ecophyto, loi de transition énergétique) qui visent à réduire de manière drastique l’usage des produits phytosanitaires d’ici 2020 ».

L’enseigne indique aussi avoir recours à des audits et des laboratoires indépendants pour contrôler ses produits en magasin.

Leclerc souligne aussi que l’enseigne est engagée à développer le bio dans ses antennes et à renforcer ses relations avec les producteurs locaux en nouant des alliances et partenariats depuis 2010.

Forte de 20% des parts de marché, l’enseigne Leclerc se trouve, aux côtés de Carrefour, en tête de la distribution en France.

 

© AFP

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