Quatre loups abattus ce week-end dans les Alpes françaises

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Quatre loups ont été abattus dans les Alpes françaises ce week-end
© AFP/Archives Miguel Medina-

Grenoble (AFP) – Quatre loups ont été abattus dans les Alpes françaises ce week-end, deux en Savoie et deux dans les Alpes-Maritimes, ont annoncé les préfectures de ces départements lundi.

Au total, trois loups ont été abattus en Savoie depuis le mois de juin, et quatre dans les Alpes-Maritimes, portant le nombre total de loups abattus en France depuis le 1er juillet à douze.

« Chaque année, il sera décidé du nombre de loups à abattre en fonction de l’évaluation des risques et de la croissance de la population de loups », a déclaré le président de la République, dans un entretien inédit au mensuel Chasseur français à paraître mercredi. François Hollande y rappelle que le quota a été porté de 24 à 36 par an.

Dans les Alpes-Maritimes, un animal a été blessé dimanche par un chasseur dans la commune de Bezaudun. Son cadavre n’a pas été retrouvé et il est considéré comme mort. Le deuxième, « un jeune adulte mâle de 2 à 3 ans et d’environ 35 kilos » a été tué dans la commune de Beuil.

« Ces opérations sont intervenues à l’occasion d’opérations de chasse, conformément aux arrêtés préfectoraux ordonnant les tirs de prélèvement renforcé sur les secteurs concernés », a précisé la préfecture.

En Savoie, deux loups ont été abattus, l’un samedi dans la commune de Saint-Colomban-des-Villards l’autre dimanche à Saint-André.

Un représentant du préfet de ce département a fait cette annonce au cours d’une audience devant le tribunal administratif de Grenoble, qui portait sur un arrêté préfectoral du 10 septembre 2015 autorisant l’abattage de six prédateurs pendant 6 mois en Savoie.

Cet arrêté avait été pris à la suite de la séquestration par des éleveurs du président et du directeur du parc national de la Vanoise.

Cet arrêté a été attaqué par les associations de défense de l’environnement (FNE, Frapna, LPO, ASPAS, Ferus, One Voice) qui le jugent illégal.

Me Benoît Candon, avocat des associations, a ainsi jugé que le chiffre de six loups était « totalement disproportionné » au vu des dommages causés par les attaques.

Son confrère Me Mathieu Victoria a en effet souligné que le nombre de brebis tuées par le loup était en baisse de 30% en un an en Savoie à la date où l’arrêté a été pris.

Les avocats ont en outre souligné que l’arrêté était en vigueur pendant la saison hivernale, alors qu’il n’y a plus de troupeaux en alpage à partir du 15 octobre. « C’est excessif et cela n’a aucun intérêt pour la protection des troupeaux », a critiqué Me Victoria.

Les représentants de la préfecture ont souligné qu’il y avait potentiellement douze loups en Savoie et qu’une nouvelle meute avait été récemment identifiée.

« Le loup s’adapte aux mesures de protection des troupeaux. Des louvetiers font état de loups ayant pénétré dans des clôtures électriques », a pointé un représentant de la préfecture.

« La récurrence des attaques est là depuis vingt ans. Les éleveurs sont découragés, ils se désocialisent », a soutenu Bernard Mogenet, président de la FDSEA des Savoie.

Le juge doit rendre sa décision avant la fin de la semaine.

© AFP

 

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