La « Jungle » de Calais majoritairement située en zone Seveso

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la jungle de calais SEVESO

Vue aérienne de la « jungle » de Calais le 8 octobre 2015
© AFP DENIS CHARLET

Calais (AFP) – La majeure partie du bidonville de la « Jungle » de Calais, où vivent à présent entre 5.500 et 6.000 migrants dans des conditions précaires, est située en zone Seveso, selon des documents d’urbanisme consultés lundi par l’AFP.

En raison de sa proximité immédiate avec deux usines chimiques, le camp se trouve exposé à des risques « moyennement » et « faiblement » élevés, selon le dernier Plan de prévention des risques technologiques (PPRT) datant de 2012 et établi par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement du Nord-Pas-de-Calais (Dreal).

Ce camp informel d’environ 0,5 kilomètre carré, proche de la rocade portuaire, formé début 2015 suite à la volonté de la mairie de déplacer les migrants du centre-ville au centre d’accueil de jour Jules Ferry, et toléré par les pouvoirs publics, se trouve également sur un site particulièrement sensible en terme de biodiversité (ZNIEFF), un classement interdisant notamment toute construction.

Le gouvernement a prévu la création d’un camp d’habitations en containers sur une partie de cette zone protégée.

« Nous respecterons toutes les contraintes environnementales », a assuré la préfecture du Pas-de-Calais.

Ces deux usines, exploitées par Synthexim et Interor, à quelque 300 mètres de l’entrée du camp, sont classées « Seveso AS – seuil haut » depuis respectivement 1999 et 2005.

La Dreal avait expliqué dans son rapport que « le principal risque lié aux établissements Interor et Synthexim est le risque toxique lié aux stockages et la mise en œuvre de produits toxiques dans les établissements », ajoutant que « les phénomènes dangereux pouvant se produire sont l’incendie, l’explosion, la perte de confinement à l’origine d’effets thermiques, de surpression et toxiques ».

La directive Seveso, adoptée en 1982, impose aux États de l’Union européenne « la maîtrise de l’urbanisation au voisinage des sites industriels à risque ».

Le classement en « Zone d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type 1 », inscrit au Plan local d’urbanisme (PLU) de décembre 2014 et à la Dreal, est lié  à la présence d’espèces protégées ou d’habitats susceptibles d’abriter des espèces protégées au titre du code de l’environnement. Celui-ci interdit sur une telle zone « la destruction, l’altération ou la dégradation du milieu particulier à ces espèces animales ou végétales ».

« Toutes les constructions et tous travaux de drainage, remblaiement, comblement ou susceptibles d’entrainer la dégradation des fonctions hydrologiques et écologiques de la zone humide protégée » sont interdites, ajoute le PLU.

Or, le projet du gouvernement annoncé fin août, et dont les travaux doivent commencer fin octobre, consiste à offrir à 1.500 personnes un logement dans des containers au sein d’un nouveau camp jouxtant le centre d’accueil de jour actuel Jules Ferry (qui prodigue repas et offre 100 couchages pour enfants et femmes).

Sa mise en place nécessitera au préalable d’importants travaux pour aplanir un terrain formé de dunes.

© AFP

 

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