Antarctique: la création de sanctuaires marins de nouveau à l’ordre du jour

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Un militant écologiste déguisé en pingouin, le 19 octobre 2015 à Hobart, en Tasmanie (Australie)
© ANTARCTIC OCEAN ALLIANCE/AFP Rob Blakers

Sydney (AFP) – Les défenseurs de l’environnement ont appelé lundi les dirigeants internationaux à passer outre leurs divergences et à créer deux vastes sanctuaires marins dans l’Antarctique pour protéger l’une des dernières étendues vierge de la planète, où vit un éventail unique d’espèces, dont les calamars géants.

Le sort de ces deux projets qui visent à protéger de vastes étendues maritimes autour du continent gelé est pour la cinquième fois entre les mains de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR).

Celle-ci a ouvert lundi sa réunion annuelle à Hobart, en Tasmanie (Australie), qui s’achèvera le 30 octobre.

L’année dernière, la CCAMLR, qui regroupe 24 Etats plus l’Union européenne, avait échoué une nouvelle fois à trouver un compromis sur ces propositions, l’une portée par l’Australie, la France et l’UE et l’autre par les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande.

« L’Antarctique est l’une des dernières régions sauvages encore intacte tout en étant critique pour la recherche scientifique, à la fois pour étudier le fonctionnement d’écosystèmes marins intacts et pour évaluer l’impact du changement climatique », a déclaré Maritza Schaefer, chargée des océans chez Greenpeace International.

« Les aires marines protégées (AMP) sont l’outil le plus puissant à la disposition de la CCAMLR pour (…) protéger la vie marine fantastique de l’Antarctique et permettre à son écosystème de mieux faire face aux conséquences du changement climatique et à l’acidification de l’océan », a-t-elle ajouté.

L’océan Antartique, également appelé océan Austral, abrite des écosystèmes exceptionnels, riches de plus de 10.000 espèces uniques, en bonne partie préservés des activités humaines mais menacés par le développement de la pêche et de la navigation. On y trouve en particulier des pingouins, des baleines, des phoques et des calamars géants.

« La CCAMLR avait promis cette protection pour 2012 mais le processus s’est retrouvé en panne à quatre reprises », a souligné Mark Epstein, de la Coalition de l’Antarctique et de l’océan Austral. « Les dirigeants internationaux, dont bon nombre sont membres de la CCAMLR, ont la responsabilité d’agir maintenant, et faire en sorte que ces sanctuaires soient créées lors de cette réunion ».

Initialement, la France, l’Australie et l’UE avaient proposé la création de sept aires marines protégées (AMP) sur la façade Est de l’Antarctique, pour une surface totale de 1,9 million de km2.

Mais ce projet s’est heurté aux objections de la Chine et de la Russie, et ses trois porteurs ont revu leur copie: il prévoit désormais la création de quatre AMP sur une surface de un million de km2 et autorise certaines activités de pêche et de recherches dans des conditions strictes de protection.

Le deuxième projet avait également été revu à la baisse, ce qui ne l’a pas empêché d’être remisé. Il s’agit de protéger une aire de 1,25 million de km2 en mer de Ross, une immense baie côté Pacifique sous juridiction néo-zélandaise, dans une zone appelée « le dernier océan » en raison de son caractère intact.

Pour être adoptés, ces projets doivent remporter les suffrages de la totalité des 25 membres de la CCAMLR, instance chargée de la conservation et de l’exploitation durable de l’océan Antartique.

La réunion sera aussi l’occasion de se pencher sur l’impact du changement climatique et sur la pêche durable de krill, petites crevettes d’eau froide qui sont le pilier de l’écosystème antarctique et l’aliment de base de nombreuses espèces, selon la délégation australienne.

© AFP

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