Premier vote d’eurodéputés contre une proposition sur l’utilisation d’OGM dans l’alimentation

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OGM

Des pieds de vigne cultivés dans des tubes à essai à l’Institut national de la recherche agronomique de Colmar le 24 novembre 2010
© AFP/Archives Patrick Hertzog

Bruxelles (AFP) – Le comité Environnement du Parlement européen a voté mardi à Bruxelles contre la proposition de la Commission sur l’utilisation des OGM dans la nourriture humaine et animale, un vote de mauvaise augure pour l’adoption ultérieure de ce texte.

Le comité se prononçait sur une proposition de la Commission qui vise à donner plus de liberté aux Etats membres sur l’utilisation des OGM sur leur territoire, qu’ils auraient la possibilité d’accepter ou non.

L’avis du comité est généralement suivi par les eurodéputés en session plénière: le débat et le vote sont prévus le 28 octobre. Le soutien du Parlement est nécessaire pour l’adoption du texte.

Ce dernier, dans le même esprit que celui adopté au printemps dernier dans le cadre de la culture des OGM, est loin de faire l’unanimité. Des Etats membres aux députés, certains craignent notamment pour le principe de libre-circulation des biens au sein de l’Union européenne.

« Une majorité claire des députés de la commission parlementaire ne souhaite pas menacer le marché intérieur. Pour nous, la législation existante devrait continuer de s’appliquer, et les États membres devraient endosser leurs responsabilités et prendre une décision au niveau européen, plutôt que d’introduire des interdictions nationales », a déclaré le président du comité de l’Environnement, Giovanni La Via (PPE, centre-droit).

La recommandation a été adoptée par 47 voix pour, 3 voix contre et 5 abstentions.

Les inquiétudes vis-à-vis de la proposition de la Commission sont venues de toute part, outre des Européens eux-mêmes: des professionnels de l’agro-alimentaires en Europe, des principaux pays exportateurs de produits agricoles, mais aussi des ONG de défense de l’environnement.

« Nous rappelons aujourd’hui (au président Jean-Claude Juncker) que laisser aux États membres le choix de refuser individuellement un OGM est non seulement cynique mais également une source d’incertitude juridique ingérable », a observé de son côté Michèle Rivasi, élue Verts-ALE et membre du comité Environnement.

Plusieurs dizaines d’OGM sont actuellement autorisés au sein de l’UE, destinés à l’alimentation humaine ou animale.

L’UE est le premier importateur mondial de produits agricoles, très dépendante des importations pour nourrir ses animaux d’élevage.

En 2013, l’UE a notamment importé 18,5 millions de tonnes de tourteaux de soja et 13,5 millions de tonnes de graines de soja, soit plus de 60% de ses besoins en plantes protéagineuses, selon des chiffres de 2013.

Ces importations venaient presque entièrement de quatre pays (Brésil, Argentine, Etats-Unis et Paraguay) où le pourcentage de cultures génétiquement modifiées de soja se monte à 90%.

En revanche, très peu de produits génétiquement modifiés se retrouvent dans les rayons des supermarchés européens, ce qui est généralement attribué à la législation en terme d’étiquettage ou encore à la disponibilité des produits sans OGM.

© AFP

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