Un candidat inattendu pour racheter le lignite de Vattenfall: Greenpeace

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La mine de lignite à ciel ouvert de Welzow, dans l’est de l’Allemagne, appartenant au groupe énergétique public suédois Vattenfall, le 18 août 2014
© DPA/AFP/Archives Patrick Pleul

Stockholm (AFP) – Le groupe énergétique public suédois Vattenfall a trouvé un candidat inattendu pour racheter son activité de lignite en Allemagne, l’organisation écologiste Greenpeace, qui a fait valoir mardi sa volonté de limiter la croissance du secteur.

Greenpeace Suède a publié sur son site internet une lettre signalant son intérêt auprès de la banque d’affaires américaine Citigroup, mandatée par Vattenfall pour cette vente.

« Nous allons sérieusement discuter du rachat avec Vattenfall. Nous avons une bonne connaissance de la question de l’avenir du marché de l’énergie et de l’évolution des politiques climatiques », a affirmé dans un communiqué la présidente de l’association suédoise, Annika Jacobson.

Interrogé par l’AFP, Vattenfall n’a pas exclu de considérer cette proposition.

« C’est un processus ouvert et toutes les offres sérieuses sont les bienvenues », a estimé une porte-parole de Vattenfall, Sabine Froning.

Troisième producteur d’électricité en Allemagne, le groupe avait lancé en septembre le processus pour se séparer de la totalité de ses actifs allemands d’extraction et de production de lignite, mines et centrales thermiques, ainsi que de dix centrales hydroélectriques.

Trouver un acquéreur ne devrait pas être simple, dans un contexte de prix bas du charbon, sans compter l’opposition farouche des écologistes à cette industrie au bilan carbone très lourd.

Greenpeace a dit craindre son expansion future. « Si cette activité est vendue à un autre acquéreur il est probable que jusqu’à cinq nouvelles mines ouvrent. Des mines qui contiennent l’équivalent de 1,2 milliard de tonnes de CO2 », a souligné l’ONG.

Vattenfall n’a donné aucune estimation du prix des actifs en vente. En septembre, son directeur général Magnus Hall les avait qualifiés de « gros morceau, avec 8.000 employés, et qui représente 10% de l’approvisionnement électrique en Allemagne ».

Greenpeace, qui tire l’essentiel de ses ressources des dons de particuliers, est un nain financier face à Vattenfall, même si ces dernières années l’entreprise n’est pas parvenu à équilibrer ses comptes et a dû fortement déprécier ses actifs, y compris ceux qu’elle cherche à vendre.

L’ONG, qui a son siège aux Pays-Bas, disait dans son dernier rapport annuel avoir une trésorerie disponible de moins de 18 millions d’euros et avait prévenu qu’elle allait être fortement sollicitée en 2015 et 2016 par le paiement d’indemnités à des salariés licenciés pour motif économique.

Avant l’appel d’offres lancé en septembre, deux autres acquéreurs potentiels avaient dit étudier la question, à savoir deux groupes d’énergie tchèques, CEZ et son concurrent EPH via sa filiale allemande Mibrag. Mais les discussions avec eux semblent peu avancées.

 

© AFP

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