Automobile: des émissions de CO2 supérieures de 40% aux chiffres officiels

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émissions de CO2

Des voitures du groupe allemand Volkswagen dans le parc logistique de Villers-Cotterets, en France, le 25 septembre 2015
© AFP/Archives FRANCOIS NASCIMBENI

Paris (AFP) – Les émissions de CO2 de nouvelles voitures en Europe ont été de 40% supérieures aux chiffres des constructeurs et l’écart s’accentue, affirme un rapport de l’ONG Transport & Environment (T&E), qui demande aux gouvernements d’être vigilants sur les moteurs essence.

« Le système de test des voitures destiné à évaluer l’économie de carburant et les émissions de CO2 (dommageables pour le climat) est discrédité », estime l’ONG, pour qui l’écart est « devenu un gouffre ».

Ce rapport sort en plein scandale Volkswagen, accusé d’avoir équipé ses véhicules diesel de logiciels masquant leur niveau réel d’oxydes d’azote (NOx), polluants nocifs pour l’organisme.

Selon le rapport annuel de cette ONG basée à Bruxelles, la consommation réelle de carburant (gazole et essence) et donc les émissions de CO2 étaient en 2012 de 31% supérieures aux résultats des tests d’homologation des véhicules.

Pour les voitures immatriculées en 2014, elles sont supérieures de 40% en moyenne, selon ce bilan, qui se fonde notamment sur les déclarations de consommation de 12.500 automobilistes sur Spritmonitor (site allemand de calcul et de suivi de consommation de carburant).

Le rapport relève par exemple un écart de 53% entre émissions réelles et déclarées pour la Classe C de Mercedes (d’après un échantillon de 142 véhicules sur Spritmonitor), de 48% pour la Peugeot 308 (73). Toyota Auris et Renault Twingo affichent en revanche un écart modéré, de 18% et 10%.

« Les causes de ces grosses différences doivent être clarifiées », souligne T&E, pour qui les gouvernements européens « doivent étendre leurs enquêtes aux tests de CO2 et aux véhicules à essence ».

Interrogé par l’AFP, PSA Peugeot Citroën n’a pas souhaité commenter cette étude, faute d’information sur sa méthodologie. Un porte-parole a assuré que le groupe était « engagé dans la réduction de la consommation » de ses modèles qui « se traduit au quotidien par des niveaux de consommation en très nette baisse d’une génération de véhicules à l’autre ».

Le constructeur allemand Daimler, dont plusieurs modèles de Mercedes sont mis sur la sellette par l’étude, a mis en doute « le sérieux » de celle-ci. « Les auteurs de l’étude n’ont pas indiqué combien de voitures Mercedes ont été testées, et d’ailleurs n’importe qui peut aller ajouter des données sur le site Spritmonitor », a déclaré à l’AFP Matthias Brock, responsable de la communication du service de recherche et développement du constructeur.

Pour Johan Ransquin, de l’Agence française de la maîtrise de l’énergie (Ademe), sur le CO2, « il y a nécessairement un écart entre ce qu’on va mesurer » dans les tests en laboratoire et la réalité. « Mais ce qui nous gêne est que cet écart grandit avec le temps ».

« En général, on s’accorde à dire qu’il y a entre 20 à 30% d’écart », précise à l’AFP le chef de service Transports et mobilités de l’Agence. S’il n’est pas surpris par le chiffre de 40%, il met toutefois en garde sur les difficultés d’une évaluation.

L’Ademe a d’ailleurs lancé un appel à projet baptisé « Dust », pour tenter de mesurer la consommation des véhicules via des boîtiers installés à bord. En 2014, elle avait produit une étude montrant la sous-estimation des émissions de NOx des diesel en situation de conduite réelle.

 

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