Shell annonce l’arrêt de ses forages controversés en Alaska

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Shell forages Arctique

La plateforme de forage de Shell pour une série d’explorations en Arctique est remorquée hors de la baie de Seattle, le 15 juin 2015
© AFP/Archives Tim Exton

Londres (AFP) – Royal Dutch Shell a annoncé lundi l’arrêt de ses forages controversés au large de l’Alaska, après une première série d’explorations jugée décevante par le géant pétrolier anglo-néerlandais.

Le président américain Barack Obama avait provoqué la colère des écologistes en autorisant en mai Shell à forer sous la mer des Tchouktches dans l’Arctique. Mais après moins de deux mois de forage, Shell a estimé que le résultat de l’exploration n’était pas assez concluant pour pousser davantage les recherches.

La major pétrolière a expliqué avoir creusé « jusqu’à une profondeur de 6.800 pieds » (environ 2.070 mètres) son puits « Burger J », situé à environ 240 km au large de la petite ville de Barrow en Alaska (extrême nord-ouest des États-Unis).

« Shell continue de reconnaître un potentiel d’exploration important dans ce bassin » pétrolifère d’une taille équivalente à la moitié de celui du Golfe du Mexique (sud-est des États-Unis), « et cette zone devrait à terme revêtir une importance stratégique pour l’Alaska et les États-Unis », a déclaré le groupe dans un communiqué.

« Toutefois, le résultat de l’exploration est clairement décevant pour cette partie du bassin », a-t-il ajouté.

Le groupe va donc « cesser toute nouvelle exploration au large de l’Alaska dans l’avenir immédiat ». « Cette décision reflète à la fois le résultat du puits Burger J, les coûts élevés associés au projet et l’environnement de régulation difficile et imprévisible au niveau fédéral pour le large de l’Alaska. »

Shell avait débuté fin juillet ses opérations de forage dans cette zone, après avoir reçu le feu vert du président Obama, ce qui avait provoqué la colère d’organisations écologistes, Greenpeace dénonçant d' »immenses risques pour les populations de l’Arctique, la faune et notre climat ».

Le président américain avait défendu cette décision fin août avant un voyage dans la région, expliquant que l’économie américaine devait « encore s’appuyer sur le pétrole et le gaz », tout en promettant des « règles les plus exigeantes possibles » pour éviter toute pollution, cinq ans après une marée noire catastrophique dans le Golfe du Mexique.

Shell a précisé qu’elle enregistrerait « des charges financières » liées à ce retrait, qui seront détaillées lors de la présentation de ses résultats financiers le 29 octobre. La compagnie a simplement souligné que son activité en Alaska pesait quelque 3 milliards de dollars dans son bilan et qu’elle devrait payer environ 1,1 milliard de dollars aux sous-traitants en vertu d’engagements préalables.

© AFP

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