Réchauffement: des fleurs disparaissent, la trompe des bourdons raccourcit

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La raréfaction de certaines fleurs causée par le changement climatique a entraîné une réduction de la longueur de la trompe des bourdons alpins au cours des quarante dernières années, ont observé des scientifiques
© AFP/Archives Philippe Huguen

Washington (AFP) – La raréfaction de certaines fleurs causée par le changement climatique a entraîné une réduction de la longueur de la trompe des bourdons alpins au cours des quarante dernières années, ont observé des scientifiques.

Ces insectes sont adaptés pour se nourrir et butiner des fleurs dont le tube de la corolle est profond.

Mais avec le réchauffement des températures, ces espèces florales se sont nettement raréfiées, avec une réduction de 60% depuis le début des années 1970 aux altitudes où évoluent les bourdons alpins.

La population de ce type d’insectes a également diminué sur cette période et leur trompe s’est raccourcie, expliquent les chercheurs, dont l’étude est publiée jeudi dans la revue américaine Science.

Voulant comprendre quelle était la relation entre la disparition de ces fleurs et la diminution du nombre de bourdons, et pourquoi leur trompe était plus courte, les scientifiques ont étudié plusieurs sites en haute altitude dans le Colorado (ouest), où vivent les deux principales espèces de bourdons à longue trompe.

Les auteurs, dont Nicole Miller-Struttmann du Suny College (New York), ont comparé des spécimens sur une période allant de 1966 à 1980 puis de 2012 à 2014, en mesurant notamment leur trompe.

Conclusion: leur trompe s’est réduite de 0,61% par an, soit 24,4% au total sur un peu plus de quarante ans.

Cherchant à comprendre comment leur trompe avait pu perdre un quart de sa longueur, les chercheurs ont étudié plusieurs mécanismes pouvant l’expliquer, comme la diminution de la taille de leur corps ou l’invasion d’espèces concurrentes sur leur territoire.

Mais ils ont finalement conclu qu’il s’agissait en fait d’une co-évolution, permettant aux bourdons de s’adapter aux autres fleurs de la région, aux tubes plus courts, qui ne sont pas affectées par le réchauffement.

Ce phénomène pourrait aider à prévoir les futurs effets du changement climatique sur d’autres écosystèmes, selon les auteurs. Il montre notamment comment le réchauffement climatique peut affecter la symbiose bien établie entre les abeilles et les plantes.

Des millions de fleurs ont été perdues à cause du réchauffement dans ces zones montagneuses, y compris à basse altitude. Même si plusieurs milliers d’autres fleurs sont apparues à haute altitude, cela reste très insuffisant pour compenser les pertes, expliquent les auteurs.

 

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