Explosions à Tianjin: inquiétudes sur de possibles rejets de composants toxiques

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Des pompiers poursuivaient leurs opérations le 14 août 2015 à Tianjin, au surlendemain des explosions dans cette ville de l’est de la Chine
© AFP FRED DUFOUR

Tianjin (Chine) (AFP) – Des habitants de Tianjin, dans l’est de la Chine, s’inquiétaient vendredi pour leur sécurité après de gigantesques explosions dans un entrepôt où étaient stockés, selon des médias, des centaines de tonnes de produits chimiques dangereux.

La série de gigantesques déflagrations survenues dans la nuit de mercredi à jeudi dans une zone portuaire de Tianjin, à 140 km de Pékin, a fait au moins 50 morts et plus de 700 blessés, selon le bilan officiel.

Quelque 36 heures plus tard, les origines de la catastrophe restaient officiellement indéterminées.

Les médias d’Etat avaient assuré jeudi que les explosions étaient parties d’un entrepôt où étaient empilées des substances chimiques dangereuses.

Mais les responsables municipaux de la ville ont assuré vendredi, dans une conférence de presse, qu’ils ignoraient quels produits spécifiques se trouvaient dans l’entrepôt et avaient provoqué les déflagrations.

De son côté, le journal les Nouvelles de Pékin a rapporté, en citant des producteurs industriels, qu’au moins 700 tonnes de cyanure de sodium étaient entreposées sur le site, et que des doses importantes de cette substance hautement toxique avaient été relevées dans les eaux usées des environs.

Cet article alarmiste n’était plus disponible vendredi sur l’internet chinois, ce qui avivait les spéculations.

Une équipe de 217 militaires spécialistes des armes nucléaires, bactériologiques et chimiques a entamé jeudi des opérations de nettoyage sur place, avait de son côté annoncé l’agence étatique Chine Nouvelle.

Vendredi matin, on voyait peu d’activité aux abords immédiats du lieu des explosions, dans un paysage industriel dévasté où des panaches de fumée s’élevaient encore par endroits.

Les routes y menant avaient été nettoyées des principaux débris.

Barrant l’accès au site, certains policiers n’étaient vêtus d’aucune tenue protectrice, tandis que d’autres avaient enfilé des masques à gaz recouvrant leur visage entier.

Dans un immeuble de bureaux voisin, un garde de sécurité de 50 ans, Liu Zongguang, portait pour sa part un simple masque chirurgical bon marché.

« J’ai vu des policiers porter le même type de masque, tandis que d’autres n’en portaient pas. Du coup je ne sais pas quoi faire au juste », a-t-il observé.

« Je suis effrayé, mais je ne sais même pas de quoi avoir peur exactement. Le gouvernement ne nous dit rien, absolument rien sur ce qu’on doit faire pour protéger nos familles des produits chimiques », ajoutait-il, énervé.

Le Quotidien du Peuple, organe du Parti communiste chinois, a indiqué que la construction d’un tel entrepôt dans cette dense zone industrielle « contrevenait clairement » aux réglementations.

Les normes de sécurité chinoises exigent effectivement que les entrepôts stockant des matériaux dangereux doivent être éloignés d’au moins un kilomètre des lieux d’habitation et axes routiers importants.

Or, dans ce cas précis, deux complexes d’immeubles résidentiels et plusieurs avenues se trouvaient à moins de 1.000 mètres, et deux hôpitaux et un terrain de football étaient également à proximité, a affirmé le média étatique.

« Dans des conditions normales, l’entrepôt en question n’aurait jamais dû réussir à passer tous les contrôles environnementaux », a commenté le journal.

La plus forte des explosions était d’une puissance équivalent à la détonation de 21 tonnes de TNT, avait précisé l’autorité chinoise des réseaux de surveillance des séismes.

La catastrophe rappelait le piètre bilan de la deuxième économie mondiale en termes de sécurité industrielle, les réglementations étant souvent ignorées pour des raisons de rentabilité et leur mise en œuvre contrôlée de façon laxiste.

En juillet, 15 personnes avaient été tuées et plus de dix autres blessées dans l’explosion d’un site illégal de stockage de feux d’artifice dans le Hebei (nord).

En août 2014, 146 personnes (selon un bilan officiel ultérieur) avaient trouvé la mort dans l’explosion d’une usine de pièces automobiles à Kunshan près de Shanghai.

© AFP

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