Japon: chargement du combustible nucléaire dans le 1er réacteur censé redémarrer

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La centre nucléaire de la compagnie Kyushu Electric Power à Satsumasendai, dans le sud-ouest du Japon le 30 mars 2015
© JIJI PRESS/AFP/Archives Jiji Press

Tokyo (AFP) – La compagnie d’électricité japonaise Kyushu Electric Power a annoncé qu’elle allait commencer mardi à charger le combustible nucléaire dans le premier réacteur du Japon censé redémarrer sur la base de normes rendues plus sévères depuis le désastre de Fukushima en 2011.

« Les examens préalables étant désormais terminés et les préparatifs achevés, nous allons commencer ce 7 juillet le chargement du combustible du réacteur Sendai 1 », a déclaré la compagnie, qui alimente une partie du sud-ouest de l’Archipel.

« Nous faisons de la sûreté notre première priorité et allons tout mettre en oeuvre pour qu’elle soit garantie », a assuré Kyushu Electric Power.

Le réacteur Sendai 1, arrêté depuis mai 2011, a été le premier, avec Sendai 2 (situé dans la même centrale du sud-ouest), à obtenir le feu vert technique de l’Autorité indépendante de régulation du secteur et des élus locaux pour être relancé. Il est le seul pour lequel les préparatifs et permissions techniques diverses sont arrivés à ce stade d’une remise en service dans les toutes prochaines semaines.

Kyushu Electric espère un redémarrage en août, même si rien n’est sûr pour le moment. Sendai 2 devrait suivre de peu.

Trois autres unités (Takahama 3 et 4 dans l’ouest ainsi qu’Ikata 3 au sud-ouest) ont été jugées conformes aux standards de sûreté durcis après l’accident de Fukushima consécutif au tsunami de mars 2011.

Ces nouveaux impératifs techniques visent à assurer une meilleure protection des installations atomiques, des personnes et de l’environnement alentour face aux risques de catastrophe naturelle, d’attaque terroriste ou de crash d’avion.

« L’industrie nucléaire japonaise est en crise. Désespérant de ne pouvoir relancer des réacteurs, le gouvernement, l’autorité nucléaire et les opérateurs ne tiennent pas compte des principes fondamentaux de la sûreté nucléaire et de la protection de la santé publique », a réagi Shaun Burnie, spécialiste nucléaire de l’organisation Greenpeace en Allemagne.

Les antinucléaires dénoncent des lacunes dans la prise en compte des risques sismiques.

Une décision de justice leur a donné raison et bloque pour le moment l’avancée des procédures à Takahama, mais le tribunal qui s’est prononcé pour Sendai 1 et 2 a jugé que la décision de l’autorité nucléaire était « rationnelle ».

Sendai 1 et 2 sont ainsi dans les faits les seuls à pouvoir redémarrer à court terme, Ikata ayant pour sa part encore besoin de l’accord des élus locaux et d’autres feux verts techniques sur des travaux à effectuer.

Actuellement, plus aucun des 48 réacteurs de l’archipel – sans compter les six condamnés de la centrale Fukushima Daiichi – ne fonctionne, par mesure de précaution, et cinq d’entre eux doivent être démantelés.

Fervent partisan de l’atome pour des raisons économiques (l’industrie a besoin d’énergie et l’importer coûte cher), le gouvernement du Premier ministre conservateur Shinzo Abe plaide depuis plus de deux ans pour que « tous les réacteurs jugés sûrs par l’autorité nucléaire soient relancés ».

Si, selon tous les sondages, la majorité des citoyens japonais sont opposés à l’énergie atomique, la mobilisation contre leur relance s’est notablement affaiblie après un pic atteint dans les mois suivant le drame de Fukushima, au grand dam des organisations écologiques.

 

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