Face au réchauffement, villes et régions réunies à Lyon pour parler climat

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Un globe terrestre avertissant sur les effets du changement climatique, exposé au Bourget (Seine-Saint-Denis) le 6 mai 2015
© AFP/Archives Lionel Bonaventure

Paris (AFP) – Venus de Californie, du Sénégal ou d’Australie, des élus du monde entier se retrouvent mercredi et jeudi à Lyon pour faire valoir le rôle des collectivités locales, aux avant-postes dans la lutte contre le dérèglement climatique.

A cinq mois du début de la conférence climat de Paris (Cop 21), où 195 Etats tenteront de s’accorder sous l’égide de l’ONU, les représentants de 400 collectivités (70 nationalités) devraient réaffirmer leur volonté de peser dans la balance, et François Hollande, président de la France hôte de la Cop, viendra mercredi soir leur exprimer son soutien.

Sources de solutions, « les villes doivent être entendues et présentes » dans l’accord mondial sur le climat, négocié par les seuls Etats, expliquait mardi la maire de Paris Anne Hidalgo, qui sera présente à Lyon.

« La conférence de Paris pourrait être un événement historique qui déterminera l’avenir de notre monde », a relevé à ses côtés Michael Bloomberg, envoyé spécial de l’ONU pour les villes et le changement climatique.

« Mais pour qu’elle ait un réel impact, les nations devront se fixer des objectifs plus ambitieux pour réduire les gaz à effet de serre — sources du réchauffement — et les villes et régions peuvent y contribuer », a insisté l’ancien maire de New York: « Aujourd’hui, partout dans le monde, en Chine, en France, aux Etats-Unis, des villes agissent, parce leurs citoyens l’exigent. »

Erosion des côtes, recrudescence des canicules, inondations… les collectivités et notamment les villes sont aux premières loges des effets du réchauffement.

Les territoires urbains, où vit désormais la majorité de la population mondiale, produisent une très large part des émissions. Mais ils ont aussi la capacité d’agir sur de nombreux rouages comme les transports, le bâtiment, les déchets, la gestion de l’eau, soulignent les élus.

« Les territoires, c’est la clé de la réduction des gaz à effet de serre », estime le sénateur Ronan Dantec, co-président du sommet de Lyon et porte-parole climat de la coalition Cités et gouvernements locaux (CGLU).

« Ce ne sont pas juste quelques cas exceptionnels qui montrent que les choses sont possibles. L’idée maintenant c’est de voir comment on généralise l’action sur tous les territoires, comment on crée des dynamiques avec les autres acteurs non-étatiques, pour que les financements aillent au bon endroit notamment pour les villes du sud », explique-t-il.

A Lyon, les collectivités, organisées depuis plusieurs années en réseaux, comptent mettre en commun leurs engagements chiffrés en matière de réduction d’émissions.

Ces contributions viendront en plus des engagements nationaux que les Etats doivent publier, dans le cadre de la négociation mondiale, d’ici Paris. D’ores et déjà les analyses des premières engagements étatiques montrent qu’ils seront sans doute au final insuffisants pour contenir le réchauffement dans des limites jugées gérables.

L’engagement des territoires locaux, « c’est une manière de crédibiliser l’engagement des Etats », relève M. Dantec.

Au moment de la Cop21, une journée devrait d’ailleurs leur être consacrée sur le site même de la Cop, au Bourget, en plus d’un « sommet » à l’hôtel de ville de Paris le 4 décembre.

A Lyon, les collectivités pourraient faire des propositions pour la négociation de l’accord, en s’exprimant dans une déclaration finale notamment sur la question des financements, ou du lien entre climat et développement. Y serait associé un vaste panel d’acteurs non-étatiques, également présents : syndicats, entreprises, ONG, peuples autochtones…

« C’est une dynamique forte qui dit: voilà, il y a les Etats, y compris qui ont du mal à discuter entre eux parce qu’ils sont porteurs de leurs intérêts nationaux. Mais il y a aussi une communauté mondiale d’acteurs différents, qui prend l’habitude de travailler ensemble », résume le sénateur français.

La responsable climat de l’ONU Christiana Figueres, le ministre français des Affaires étrangères, futur président de la Cop21, Laurent Fabius, ainsi que plusieurs ministres de l’Environnement viendront clore la réunion jeudi.

© AFP

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