Charbon et climat: interrogations sur les engagements de la France

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L’écologiste Nicolas Hulot aux côtés de François Hollande, de l’économiste Alain Grandjean et de l’ex-ministre EELV Pascal Canfin, à l’Elysée à Paris, le 18 juin 2015
© POOL/AFP/Archives JACQUES BRINON

Paris (AFP) – Plusieurs ONG environnementales ont exprimé leurs craintes vendredi de voir le gouvernement reculer sur ses engagements de ne plus soutenir à l’étranger la construction de centrales à charbon, l’énergie la plus néfaste pour le climat.

Fin 2014, lors de la conférence environnementale, le président français avait annoncé la suppression de « tous les crédits » à l’exportation « accordés aux pays en développement dès lors qu’il y a utilisation du charbon », afin de renforcer l’action de la France dans la lutte contre le changement climatique.

Cet engagement avait été réaffirmé début février par le Premier ministre. « Le président de la République l’a dit et je le répète: la France supprimera l’assurance-crédit à l’export des centrales à charbon sans stockage de CO2 », avait déclaré Manuel Valls, soulignant que la France devait « montrer l’exemple ».

Le calendrier de ce retrait devait toutefois encore être arrêté.

Mais désormais, le gouvernement envisage de continuer à cautionner des projets sans cette technologie de captage et stockage de carbone jusqu’en 2020, selon une note transmise cette semaine aux membres du Conseil national de la transition écologique, consultée par l’AFP.

Une réunion ministérielle doit avoir lieu prochainement à ce sujet.

« A cinq mois de la COP21, il serait inacceptable que la France revienne sur son annonce emblématique de 2014 », écrivent dans un courrier à François Hollande les Amis de la Terre, Oxfam et la Fondation Hulot.

« La note est très technique et doit être analysée avec minutie, mais il y a a priori un écart net entre les options sur la table et les annonces du gouvernement », a affirmé Matthieu Orphelin de la Fondation Hulot (FNH).

La note envoyée aux membres du CNTE met effectivement en avant une menace sur les 750 salariés d’Alstom à Belfort et Massy pour justifier « un régime d’exception temporaire à l’obligation d’un dispositif de captage et de stockage de CO2 ».

« Nous sommes très mal à l’aise avec l’argument de l’emploi chez Alstom qui est avancé, car les projets de cet industriel à l’étranger ayant bénéficié de garanties publiques se comptent sur les doigts d’une main ces dernières années », a ajouté le porte-parole de FNH.

« Cela serait un renoncement et un très mauvais signal envoyé par la France », a renchéri Lucie Pinson des Amis de la Terre.

© AFP

 

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