A Toulouse, une PME est devenue sentinelle des océans du Globe

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La mer Méditerranée, le 4 décembre 2014 en face de Nice, dans le sud de la France
© AFP/Archives Valery Hache

Toulouse (AFP) – Avoir gratuitement et en un clic de souris l’ensemble des données sur les océans du monde: Mercator Océan, une PME toulousaine, filiale de grands organismes scientifiques publics français, a créé pour le compte de l’Europe « Copernicus Marine Service »

Après une phase d’étude-démonstration qui a duré six ans, le programme a été lancé lundi, en marge d’un colloque à Toulouse organisé dans le cadre de la Journée mondiale des océans.

« Avant, on ne savait pas à qui s’adresser parmi les multiples fournisseurs de données. On récupérait des informations non décodées qu’il fallait traduire et c’était parfois payant. Aujourd’hui, il y a un endroit où on trouve tout et c’est totalement gratuit », explique Pierre Bahurel, directeur de Mercator Océan.

« Copernicus Marine Service » (CMEMS), financé par l’Union européenne à hauteur de 114 millions d’euros jusqu’en 2021, constitue le volet maritime du programme européen d’observation de la Terre, baptisé Copernicus et doté d’un budget de 4,29 milliards d’euros.

« C’est très simple d’usage », explique le numéro un de Mercator, qui a remporté l’appel d’offres européen pour piloter CMEMS. « On clique et on a la température de l’eau à tel endroit, la salinité au fond de la Méditerranée, les courants en mer Baltique… »

Pour ce faire, l’entreprise toulousaine de 60 employés a interconnecté une quarantaine de fournisseurs de données sur l’ensemble des continents (satellites, bouées, prévisions météos…) et développé un « outil d’intérêt général » facilement exploitable par tous.

« Il n’y a aucun équivalent dans le monde, à ce niveau d’intégration. Nous sommes jalousés aux Etats-Unis. Les Chinois coopèrent avec nous et les Japonais sont venus nous voir », ajoute M. Bahurel.

Cinq mille utilisateurs sont déjà abonnés et leur nombre grimpe de 150 par mois depuis que le système est opérationnel, le mois dernier. Majoritairement européens, ils proviennent de 110 pays. Ils sont pour moitié des chercheurs et des universitaires, appartiennent aux secteurs public comme privé, mais également au grand public.

Les usages sont multiples : industries off-shore (Total notamment), marine marchande, sauveteurs en mer, pêcheurs mais aussi navigateurs au long cours.

« Cela nous permettra d’avoir des informations de meilleure qualité », explique le navigateur Arnaud Boissières, qui a fini plusieurs Vendée Globe et Transat Jacques-Vabre. « Les prévisions sont souvent moyennes. Avec Copernicus, nous serons rassurés et ça nous permettra d’être en confiance ».

Les climatologues peuvent aussi en tirer bénéfice. « Il n’y a pas de climatologie sans l’océan qui recouvre les deux tiers de la planète », rappelle M. Bahurel, tandis qu’approche la conférence sur le climat (COP 21) qui doit se tenir à Paris en décembre.

Ainsi, le CMEMS peut être un « indicateur précurseur » des catastrophes naturelles, comme les cyclones: « On peut dire si l’océan est chargé en énergie », ce qui peut alimenter un cyclone, explique le directeur.

Le centre français de prévisions océaniques Mercator Océan est une filiale conjointe du CNRS, de l’Ifremer, de l’Institut de recherche pour le Développement (IRD), de Météo-France et du Service hydrographique et océanographique de la marine (Shom).

 

© AFP

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