La météo force Solar Impulse à atterrir au Japon

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L’avion solaire Solar Impulse 2 avant son atterrissage à Nagoya (centre du Japon), le 1er juin 2015 © AFP TOSHIFUMI KITAMURA

Nagoya (Japon) (AFP) – L’avion solaire Impulse 2, qui s’est lancé de Chine à l’assaut du Pacifique, a atterri dans la nuit de lundi à mardi à Nagoya (centre du Japon), une escale imprévue due à la détérioration de la météo sur son itinéraire vers Hawaï.

L’appareil, qui avait décollé de Nankin dimanche (heure locale), s’est posé peu avant minuit (lundi avant 15:00 GMT) après avoir patienté des heures au-dessus de l’archipel, selon une journaliste de l’AFP sur place et les images diffusées via internet du centre de contrôle de Monaco.

Pendant qu’il volait vers l’aéroport japonais, le pilote André Borschberg s’est dit sur Twitter « déçu de ne pas pouvoir continuer, mais plein de reconnaissance envers les autorités japonaises pour leur soutien ».

Les équipes ont applaudi lorsque l’avion a touché le sol nippon.

« La fenêtre météo vers Hawaï s’est détériorée. Nous avons décidé de réaliser un atterrissage intermédiaire à Nagoya ! », avaient-ils auparavant expliqué, le second pilote en alternance, Bertrand Piccard, qualifiant ce lieu de « dernier endroit où on pouvait atterrir de manière sûre ».

« Traverser un front actif avec du givrage, de la pluie, des turbulences, ce n’est pas du tout prévu pour notre avion. Il vole lentement, est sensible aux turbulences, a besoin de soleil pour pouvoir recharger ses batteries », a déclaré M. Piccard dans un entretien avec l’AFP.

M. Borschberg s’est, quant à lui, montré des plus optimistes: « Cela n’a pas d’impact » sur le projet, a-t-il déclaré aux journalistes peu après son arrivée à Nagoya.

« Cela nous donne la possibilité d’être au Japon, ce qui est excellent. J’ai vécu ici il y a 30 ans, c’est donc un grand plaisir d’être de retour », a-t-il dit.

« Nous avons beaucoup appris lors de la dernière nuit et démontré que l’avion était vraiment super. Bien sûr, nous devons trouver le beau temps et nous allons continuer à chercher », a promis le pilote de Solar Impulse.

« Le tour du monde n’avance peut-être pas aussi vite qu’on aimerait, mais on ne fait pas une course de vitesse. Le but c’est d’y arriver », a souligné pour sa part Bertrand Piccard.

Solar Impulse 2 avait pris les airs dimanche à 02H39 en Chine (18H39 GMT samedi) pour la plus périlleuse des étapes de son périple, pendant laquelle André Borschberg devait tenir six jours et six nuits.

 

Ce départ de Nankin, où l’avion était cloué au sol depuis le 21 avril, avait été reporté à plusieurs reprises déjà en raison d’une météo défavorable.

Aucune indication n’était disponible dans la nuit de lundi à mardi sur le temps que durera l’immobilisation de Solar Impulse au Japon : « Il est très difficile de faire des prévisions », a reconnu Bertrand Piccard.

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L’avion solaire Solar Impulse 2 sur le tarmac après son atterrissage à Nagoya (centre du Japon), le 1er juin 2015
© AFP TOSHIFUMI KITAMURA

« Cela serait trop dangereux de vouloir traverser » le front nuageux, a-t-il ajouté, expliquant que, malgré la déception, « tout le monde est extrêmement satisfait de l’avion ».

Jamais Solar Impulse 2 n’avait en effet volé au-dessus d’un océan ni n’était resté en l’air plus de 24 heures : c’est dire si cette traversée du Pacifique sur 8.500 km reste un défi technologique et un exploit aéronautique historiques.

Le vol jusqu’à Hawaï devait durer environ 130 heures, constituant un record pour un pilote seul aux commandes de son appareil.

Âgé de 62 ans, André Borschberg avait prévu d’entrecouper sa performance d’exercices de yoga et de brefs sommeils d’une vingtaine de minutes sur son siège, équipé d’un système de toilettes, affrontant des altitudes himalayennes autour de 28.000 pieds (8.400 m) et des variations de températures de 55 degrés dans sa cabine monoplace non pressurisée.

« Comment vais-je vivre dans cet environnement minuscule, en passant de l’hiver à l’été chaque jour du fait des changements de températures, en me reposant seulement 20 minutes à chaque fois ? » s’était-il demandé dans un récent entretien avec l’AFP.

 

En cas de panne grave en vol, le Suisse avait prévu de sauter en parachute dans l’océan, à des centaines de kilomètres de tout secours.

Aucun navire ne peut en effet suivre à la trace l’appareil, qui vole à une vitesse maximum de 90 km/h à basse altitude et de 140 km/h dans les couches supérieures.

« Je ne vois pas cela comme risqué, parce que nous avons travaillé longtemps sur les différents problèmes », a-t-il confié. « Si nous perdons un moteur, on peut voler avec les trois autres, par exemple. »

« Dans le pire des cas, nous avons un parachute, un radeau de survie et on sait s’en servir. Évidemment, on espère qu’on n’aura pas à le faire », a ajouté le pilote.

Solar Impulse 2, dont les ailes sont tapissées de plus de 17.000 cellules photovoltaïques, est parti le 9 mars d’Abou Dhabi pour un tour du monde de 35.000 km destiné à promouvoir l’usage des énergies renouvelables, et en particulier de l’énergie solaire.

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