L’expédition Tara livre des informations sur le plancton, un écosystème vital

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L’équipe de l’expédition Tara de retour à Lorient le 22 novembre 2014
© AFP/Archives Jean-Sebastien Evrard

Washington (AFP) – L’expédition Tara Oceans, un consortium international de recherche, a livré jeudi une première moisson abondante d’informations sur le plancton marin qui pourrait permettre de mieux comprendre l’impact du réchauffement climatique sur ce vaste écosystème vital pour la planète.

L’équipe de chercheurs a cartographié la biodiversité d’un vaste éventail d’organismes formant le plancton, lors d’expéditions sur la goélette Tara entre 2009 et 2013.

Ces scientifiques, qui publient jeudi cinq études dans la revue américaine Science, ont exploré les interactions entre les divers organismes planctonique ainsi que la manière dont ils agissent sur leur environnement et sont affectés par différentes variables, surtout la température.

« Les analyses ont révélé environ 40 millions de gènes microbiens dont la grande majorité sont nouveaux suggérant que la biodiversité du plancton pourrait être bien plus importante que ce que l’on imaginait », affirme Patrick Wincker du Centre national français de séquençage (Genoscope), un des membres de l’équipe.

« Il s’agit du plus grand travail de séquençage jamais effectué pour des organismes marins », ajoute-t-il.

Les micro-organismes formant le plancton –virus, microbes, algues unicellulaires et larves de poissons– qui dérive dans les océans au gré des courants produisent la moitié de notre oxygène, absorbent une bonne partie du carbone émis dans l’atmosphère et influencent autant qu’ils sont influencés par le climat.

Cette cartographie constitue un premier pas vers une plus grande compréhension de la dynamique et de la structure de l’écosystème marin dans sa globalité, commentent les chercheurs.

Ils ont notamment séquencé près d’un milliard de codes-barres génétiques de micro-organismes se trouvant dans le plancton et découvert qu’il existe une plus grande variété d’eucaryotes unicellulaires comme les micro-algues qu’attendu, précise Colomban de Vargas, directeur de recherche au Centre national français de la recherche scientifique (CNRS).

Ils ont par ailleurs constaté que des groupes d’organismes différents se forment selon la température de l’eau.

Comprendre la distribution de ces organismes dans les océans ainsi que leurs interactions sera très utile pour calibrer des modèles informatiques nécessaire pour étudier les changements à l’échelle du globe, dont surtout le réchauffement du climat et son impact futur sur les écosystèmes océaniques.

« Cette aventure sert aussi à montrer (au public) à quel point les océans sont importants pour notre propre bien-être », souligne Eric Karsenti, directeur de Tara Oceans et directeur de recherche au CNRS.

L’expédition a permis de ramener 35.000 échantillons prélevés dans l’ensemble des mers et bassins océaniques de la planète dont une petite partie a été jusqu’à présent étudiée.

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