Climat: le PDG de Veolia favorable à une « redevance » carbone en Europe

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Le PDG de Veolia Antoine Frérot à Paris, le 26 février 2015 © AFP Kenzo Tribouillard

Paris (AFP) – Antoine Frérot, PDG de Veolia, s’est dit mardi favorable à la mise en place d’une « redevance » carbone dans l’Union européenne, potentiellement associée à une taxe à ses frontières, afin d’encourager les réductions d’émissions de gaz à effet de serre.

« Il faut donner un coût au carbone et le faire selon le principe du pollueur-payeur et réciproquement, c’est-à-dire que celui qui pollue paye, cet argent est collecté de manière efficace et il est redistribué sous forme d’aide, de subvention, à ceux qui investissent pour dépolluer », a affirmé le PDG du spécialiste de la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie, lors d’une rencontre avec la presse.

« Cela pourrait être un projet de l’UE d’instaurer un tel système », a-t-il ajouté, précisant que le prix du carbone devrait « atteindre 30 à 40 euros » pour inciter à la réduction des émissions.

« Ce principe a été mis en œuvre il y a presque 50 ans dans le domaine de l’eau, en France et dans d’autres pays, et il a fait ses preuves », a-t-il plaidé, même s’il a reconnu qu’obtenir l’accord de tous les pays de l’UE pour mettre en place un tel mécanisme commun sera « difficile ».

Mais pour Antoine Frérot, ce système de redevance – et non de taxe, insiste-t-il – a l’avantage d’être plus facile à mettre en place qu’un marché du carbone.

Et pour répondre aux critiques sur le risque de pénalisation de la compétitivité des entreprises européennes, le PDG de Veolia penche pour la mise en place d’une « barrière douanière aux frontières de l’Union, basée sur les émissions de gaz à effet de serre et qui taxerait les produits qui rentrent dans ce marché important ».

L’Europe a mis en place un système d’échange de quotas d’émission de CO2, mais il s’est révélé inefficace avec un excédent de quotas depuis la crise et un effondrement du prix du carbone.

Veolia, dont le cœur de l’activité est la gestion de l’eau et des déchets et les services énergétiques, pourrait aussi tirer profit d’un tel système de redevance.

En 2014, le groupe a réalisé 10% de son chiffre d’affaires dans l’économie circulaire, qui permet de réduire l’exploitation de matières premières, généralement très émissive de CO2.

A sept mois de la conférence internationale sur le climat de Paris, les acteurs économiques multiplient les initiatives pour faire connaître leurs positions et leurs solutions technologiques pour réduire le réchauffement climatique.

Un « Climate & business summit » se tiendra la semaine prochaine à Paris en présence de nombreuses grandes entreprises venues du monde entier. « Au moins pour l’ensemble des grandes entreprises européennes un consensus relativement ambitieux est atteignable », a estimé M. Frérot.

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