Antilles: des « brigades vertes » pour éliminer les algues sargasses

Publié le : Last updated:

sargasses

Photo prise le 28 juillet 2011 sur la plage de la commune de Saint-Anne, d’algues sargasses envahissant les côtes de la Martinique © AFP/Archives PATRICE COPPEE

Paris (AFP) – Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, a annoncé jeudi la création de « brigades vertes », via des emplois aidés, pour ramasser les algues sargasses en Guadeloupe et en Martinique et un soutien financier pour améliorer leur collecte et leur élimination.

Les sargasses sont des algues qui s’échouent depuis un an sur les côtes des Antilles, provoquant des nuisances pour le tourisme, la pêche et les habitants, notamment lors de leur décomposition qui dégage des odeurs nauséabondes. Un épisode – similaire mais moins long – avait déjà eu lieu en 2011.

« Une estimation récente faisait état de près de 180 hectares de sargasses le long des côtes antillaises, soit un tonnage de 60.000 tonnes de matière sèche », indique un communiqué de la ministre, qui se rendra avec François Hollande dans la région à partir de vendredi.

Face à cette situation qui « menace l’économie des Antilles », le gouvernement a décidé la création de brigades vertes avec 50 contrats aidés.

Ces emplois participeront aussi à des actions pour la rénovation thermique de l’habitat, la gestion des véhicules hors d’usage ou l’entretien des cours d’eau, précise le communiqué.

Un budget de 1,5 million d’euros sera dégagé pour les lauréats de l’appel à projets lancé par l’Agence de la maîtrise de l’énergie et de l’environnement (Ademe) en Martinique en 2014 pour trouver des techniques innovantes de repérage, ramassage et élimination, a précisé Mme Royal.

Par ailleurs, cet appel d’offres sera complété par un soutien de 800.000 euros pour la Guadeloupe, en plus du fonds d’urgence mis en place localement.

Les algues ramassées pourraient être utilisées pour de l’épandage agricole (apport de potasse pour la canne à sucre) ou transformées en charbon actif ou en bioplastique.

L’Ademe apporte aussi son soutien technique et financier à la création de plateformes de compostage, dans le cadre d’aides existantes.

Enfin le ministère de l’Ecologie a chargé un centre de recherche basé en Guadeloupe d’approfondir les connaissances sur les origines de ces algues, leurs impacts et les moyens de les contrôler.

Ces algues ne viennent pas de la mer des Sargasses (Atlantique nord) mais seraient issues de nouveaux lieux de prolifération. La cause de leur présence massive reste à établir. « L’analyse d’images satellites a montré l’existence d’une nouvelle zone d’accumulation des sargasses située au nord du Brésil dans l’océan Atlantique central », précise le communiqué ministériel.

Plusieurs députés et élus locaux ont réclamé à l’Etat le classement en catastrophe naturelle.

Media Query: