Climat: l’AIE recommande de tripler les dépenses publiques en recherche et développement

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Kilimandjaro – Yann Arthus-Bertrand

Paris (AFP) – Il faudrait tripler le niveau actuel des dépenses publiques dans la recherche en technologies bas carbone si l’on veut respecter l’objectif de limiter le réchauffement du climat à 2 degrés, a averti lundi l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

« Le développement et le déploiement de technologies novatrices en matière d’énergie est un facteur clé » de la lutte contre le réchauffement climatique, en parallèle du processus diplomatique qui doit aboutir à un accord à Paris en décembre, lors de la conférence mondiale sur le climat (COP 21), plaide l’organisation dans un rapport prospectif sur l’énergie et l’innovation technologique dans ce secteur.

Or, dans un monde encore très dépendant des énergies fossiles, la récente chute du prix du pétrole et le faible niveau du prix du carbone « renforcent le rôle des gouvernements », ajoute l’Agence, qui les appelle à « mettre en place un cadre réglementaire et de marché qui encourage l’innovation et la confiance des investisseurs ».

Mais l’émergence des technologies qui permettront de respecter les objectifs internationaux passe aussi par un soutien financier plus important, estime l’AIE, basée à Paris.

Les dépenses gouvernementales pour la « RD&D » (recherche, développement et démonstration) dans l’énergie ont augmenté en valeur absolue depuis un point bas atteint en 1997, pour atteindre 17 milliards de dollars (environ 15,2 milliards d’euros) en 2011 dans l’ensemble des 29 pays membres de l’AIE. Mais leur part dans le total des dépenses de R&D stagne entre 3% et 4% depuis 2000, contre un pic à 11% en 1981, déplore l’organisation.

« On estime que l’investissement public dans la RD&D devrait au moins tripler pour respecter le scénario d’un réchauffement limité à deux degrés », ajoute-t-elle.

« Tripler ce niveau, comme nous le recommandons, implique que les gouvernements et le secteur privé travaillent en étroite collaboration et donnent davantage la priorité aux technologies à faible émission de carbone », estime la directrice exécutive de l’AIE, Maria van der Hoeven, citée dans un communiqué.

Mme van der Hoeven doit présenter les conclusions de ce rapport lundi après-midi, au ministère français de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie.

L’AIE a été fondée en 1974 à l’initiative de l’OCDE, afin d’assurer la sécurité des approvisionnements en énergie de ses membres.

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