Japon: un tribunal autorise le redémarrage de deux réacteurs dans le sud-ouest

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Un avocat japonais brandit une bannière, le 22 avril 2015 devant la préfecture de Kagoshima, dénonçant la décision de la justice de faire redémarrer deux réacteurs nucléaires Sendai 1 et 3
© JIJI PRESS/AFP JIJI PRESS

Tokyo (AFP) – Un tribunal japonais a annoncé mercredi avoir rejeté un recours déposé par des citoyens antinucléaires, estimant que deux réacteurs du sud-ouest du Japon, Sendai 1 et 2, pouvaient redémarrer.

Cette décision concerne les deux premières tranches atomiques du Japon susceptibles d’être relancées après avoir obtenu le certificat de sûreté technique de l’Autorité de régulation nucléaire, ainsi que le feu vert des élus locaux.

Si les plans de la compagnie exploitante, Kyushu Electric Power, se déroulent comme prévu, Sendai 1 et 2 – situés dans la préfecture de Kagoshima – pourraient être remis en exploitation dès cet été.

Actuellement, plus aucun des 48 réacteurs de l’archipel ne fonctionne (sans compter les six saccagés par l’accident de Fukushima en mars 2011).

La semaine dernière, un tribunal différent avait bloqué le redémarrage de deux autres unités, Takahama 3 et 4, au motif que les mesures parasismiques paraissaient insuffisantes.

« La décision concernant Takahama n’avait pas a priori de raison d’influencer celle de Sendai puisqu’il s’agit de juges différents censés instruire de façon indépendante », a souligné un expert du secteur préférant rester anonyme.

Dans le cas de Sendai, le tribunal a estimé « rationnels » les critères de sûreté sur lesquels s’est appuyée l’autorité nucléaire pour délivrer son certificat de conformité aux nouvelles normes.

Durcies après l’accident de Fukushima, elles prennent en théorie mieux en compte le risque de catastrophe naturelle et de situation critique subséquente.

Le jugement rendu mercredi pour Sendai va à coup sûr mettre en colère les organisations écologiques comme Greenpeace, mais faire plaisir au gouvernement pro-nucléaire du conservateur Shinzo Abe.

Le chef du gouvernement plaide depuis deux ans pour que « tous les réacteurs jugés sûrs par l’autorité nucléaires soient relancés », arguant que l’économie nippone a besoin de cette énergie.

Reste que les procédures traînent en longueur: pour l’heure seulement Sendai 1 et 2 et Takahama 3 et 4 ont reçu l’imprimatur du régulateur, et l’approbation des potentats locaux ne vaut que pour les deux premiers.

En outre, sur les 48 unités du pays, au moins cinq vont être démantelées, ce qui réduit d’autant le potentiel.

Si bien que, dans l’hypothèse d’une levée du blocage de la relance de Takahama 3 et 4, seuls quatre réacteurs seraient en mesure d’être remis en service d’ici à la fin d’année, la probabilité la plus élevée se limitant à deux, ceux de Sendai.

Néanmoins, l’Agence japonaise de l’Energie a estimé la semaine passée que même si tous les réacteurs nucléaires du Japon restaient à l’arrêt, il y aurait assez d’électricité pour passer l’été, période de pic à cause de l’usage intensif des climatiseurs.

D’après les calculs des autorités et sur la base des informations fournies par les compagnies, une marge de 3% à 12,1% entre la capacité de production et l’électricité effectivement consommée devrait exister en fonction des compagnies même au moment des pics. Le minimum requis est 3%.

Le Japon fait en effet tourner à plein régime ses centrales thermiques qui fournissent quelque 90% de son électricité, une proportion qui, selon le gouvernement, est la cause de la difficulté de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

 

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