Sable de Lannion: Macron accorde une concession limitée, les opposants claquent la porte

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Manifestation à Lannion le 24 janvier 2015 pour protester contre un projet d’extraction de sable coquillier dans la baie
© AFP DAMIEN MEYER

Paris (AFP) – Le ministre de l’Economie a accordé mardi une concession pour l’extraction de sable coquillier dans la baie de Lannion, de manière limitée et progressive, une décision désapprouvée par les opposants au projet qui ont claqué la porte d’une réunion à Bercy.

Le ministre a limité l’extraction, sollicité par la Compagnie Armoricaine de Navigation (CAN) en décembre 2009, à un maximum de 250.000 m3 de sable par an, contre 400.000 envisagés initialement et elle sera interdite pendant la période estivale, entre mai et août, a indiqué Bercy dans un communiqué, a indiqué le ministère dans un communiqué diffusé après une réunion avec les élus de la région, des opposants et des représentants de la CAN (groupe Rouillier).

L’extraction sera limitée à 50.000 m3 au cours de la première année avant d’augmenter progressivement pour atteindre les 250.000 m3 après cinq années d’exploitation. L’arrêté préfectoral ne sera initialement délivré que pour une période d’un an « afin de rendre effectif le suivi des opérations d’extraction et en permettre l’arrêt si nécessaire », a précisé Bercy.

« Les études concluent avec suffisamment de certitude à l’absence d’impact significatif sur l’environnement et les autres activités pour pouvoir débuter l’extraction », a constaté Emmanuel Macron, cité dans le communiqué. « Mais il faut être vigilant et démarrer progressivement avec un suivi strict pour pouvoir déceler tout impact imprévu et adapter en conséquence le projet », a-t-il ajouté.

Les opposants du collectif « Le peuple des dunes du Trégor » ont exprimé leur désaccord avec la décision du ministre pendant la réunion et ont quitté les lieux. « Puisque nous n’avions plus rien à faire en discussion, nous avons quitté la salle », a affirmé son président Alain Bidal à l’AFP à sa sortie de Bercy.  [En savoir plus sur le collectif du peuple des dunes, lire notre article à ce sujet]

« La baie est en danger, non seulement d’un point de vue environnemental, mais aussi sur le plan de l’emploi. Les premiers touchés, ce seront les pêcheurs professionnels », a-t-il assuré, convaincu que l’extraction va faire fuir les poissons de la région.

Quant à l’extraction limitée à 250.000 m3, il n’est pas convaincu par cette mesure. « Le problème ne réside pas dans les volumes. Dès l’instant où l’on attaque la dune, on attaque la biodiversité », a-t-il regretté.

M. Bidal a assuré que la mobilisation contre le projet allait se poursuivre. Le 24 janvier, entre 4.500 et 7.000 personnes ont manifesté à Lannion pour protester contre ce projet.

© AFP

 

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