Keystone XL: Obama garde la main en opposant son veto à l’oléoduc

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Le président américain Barack Obama le 23 février 2015 à Washington
© AFP Jim Watson

Washington (AFP) – Barack Obama a affiché mardi sa détermination à garder la main sur le dossier de l’oléoduc Keystone XL entre le Canada et les Etats-Unis mais n’a toujours pas dévoilé ses intentions sur ce projet contre lequel les écologistes sont vent debout.

Le président américain a opposé mardi son veto à la loi, votée par le Congrès à majorité républicaine, autorisant la construction de cet oléoduc conçu pour transporter du pétrole brut extrait des sables bitumineux de l’Alberta (ouest du Canada), jusqu’au Nebraska (centre des Etats-Unis) d’où il pourrait rejoindre les raffineries du golfe du Mexique via un réseau existant.

La Maison Blanche n’a donné aucune indication de calendrier pour sa décision sur le fond.

Ce veto a provoqué la colère des républicains qui ont dénoncé une décision « purement politique ». Les adversaires de M. Obama, appuyés par le gouvernement canadien conservateur de Stephen Harper, vantent depuis plusieurs années le potentiel de création d’emplois du chantier et le renforcement de l’indépendance énergétique nord-américaine.

L’opérateur TransCanada a déposé en 2008 puis en 2012, une demande de construction de Keystone XL, qui servirait en fait de raccourci à l’oléoduc Keystone, et permettra d’augmenter de 40% la capacité de transport.

Les associations environnementales et nombre de démocrates jugent que ce projet va à l’encontre des efforts engagés dans la lutte contre le changement climatique et mettent en garde contre les risques de fuite posés par l’oléoduc.

Il s’agit du premier veto de M. Obama depuis que les républicains ont pris le contrôle total du Congrès en janvier et de son troisième seulement depuis son arrivée à la Maison Blanche en 2009.

Dans sa lettre au Sénat expliquant sa démarche, le président américain souligne que le Congrès a tenté, par cette loi, de « contourner » un processus de décision établi de longue date.

Les républicains ont annoncé leur volonté de demander un nouveau vote, mais il leur faudrait une majorité de deux tiers pour que le texte passe en dépit du véto présidentiel. Cette hypothèse, qui impliquerait le soutien de nombreux démocrates, apparaît hautement improbable.

Après cet affrontement avec les républicains, est-il encore possible que M. Obama donne son feu vert à ce projet ?

Oui, a répondu mardi son porte-parole Josh Earnest. « Le département d’Etat est en train d’examiner les différents impacts, à la fois positifs et négatifs, que cet oléoduc pourrait avoir sur notre pays (…) Le président garde un esprit ouvert », a-t-il assuré.

Est-ce que ce projet augmentera sensiblement les émissions de CO2 dans l’atmosphère ? M. Obama, qui a fait de la lutte contre le changement climatique une de ses priorités, a toujours affirmé que cette question serait centrale au moment du choix final.

Le président américain a, au passage, appelé de ses voeux une plus grande implication du Canada dans la lutte contre le réchauffement de la planète: « Il est certain que le Canada, qui est à la source de l’exploitation des sables bitumineux, pourrait faire plus pour limiter les émissions », déclarait-il au New York Times en 2013.

Réagissant au veto de M. Obama, TransCanada a affiché sa détermination à continuer à pousser le projet. « Les oléoducs restent, de loin, le moyen de transport le plus sûr et le plus sensé d’un point de vue environnemental pour acheminer les millions de barils de pétrole que les Américains consomment tous les jours », a indiqué le groupe.

« Nous continuerons à défendre vigoureusement ce projet créateur d’emplois », a pour sa part déclaré le ministre canadien des Ressources naturelles, Greg Rickford, jugeant qu’il s’agissait désormais d’un débat « entre le Président et la population américaine, qui appuie le projet ».

Dans une tribune publiée dans le quotidien USA Today, les leaders républicains de la Chambre des représentants et du Sénat, John Boehner et Mitch McConnell, ont dénoncé une décision dont les grands bénéficiaires seront, selon eux, « les bureaucrates, les écologistes extrémistes et les Chinois ».

© AFP

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